
Après une saison (un peu) décevante, Drag Race Down Under couronne sa première reine
Après une saison relativement courte (on y reviendra), Drag Race Down Under a couronné sa première gagnante.
Quatre queens restaient encore en lice au moment du dernier épisode: Art Simone, Karen from Finance, Kita Mean et Scarlet Adams. Sur le papier, cette dernière, avec trois victoires en maxi challenge, contre 1 seulement pour Kita Mean et Karen from Finance et aucune pour Art Simone, partait favorite. A un détail près: avant la diffusion de l’émission, les internautes ont retrouvé les traces de performances où elle s’était grimée en personne noire ou asiatique et s’était rendue coupable d’appropriation culturelle. Elle s’en est expliquée à deux reprises lors de l’un des épisodes, d’abord auprès des autres queens puis de RuPaul elle-même, qui après avoir entendu ses excuses, avait demandé à ce que ce soit une leçon pour tout le monde sur la manière dont il faut apprendre de ses erreurs.
Le suspense lors de ce dernier épisode tenait donc à cette interrogation: RuPaul allait-il faire gagner une candidate accusée de black face?
Attention spoilers!
Et la réponse est… non. RuPaul a choisi de couronner l’unique drag-queen néo-zélandaise encore en lice, Kita Mean.
Si RuPaul voulait éviter la polémique qui n’aurait pas manqué de suivre si elle avait choisi Scarlet Adams, elle n’avait guère de choix. Art Simone et Karen from Finance, les deux autres finalistes, pourtant favorites au début de l’émission — d’aucuns diront même favorisées — ont réalisé un parcours trop décevant pour pouvoir décemment remporter le titre.
Beau parcours de Kita Mean
Et puis Kita Mean a réalisé une belle saison, surtout après le départ de son associée dans la vraie vie, Anita Wig’lit (éclatante vainqueure du Snatch Game en Elisabeth II). Elle a remporté le makeover challenge (qui consiste à transformer en drag quelqu’un qui n’en a jamais fait), et a produit des looks toujours inspirés pour la partie runway de l’épisode. Son lipsync final était également très drôle. Il ne s’agit donc pas d’une victoire au rabais.
Un goût d’inachevé
Malgré tout, cette première saison australo-néozélandaise, tournée en Nouvelle Zélande en pleine épidémie de Covid, laisse un goût d’inachevé. Huit petits épisodes, quand la dernière saison américaine en comptait le double. Des mini-challenges populaires comme les marionnettes ont manqué, tout comme un maxi challenge de comédie. Sur les réseaux sociaux, beaucoup ont également critiqué le retour arbitraire d’Art Simone. Enfin, la majorité des queens sont passées à côté du Snatch Game, pourtant l’épreuve phare de l’émission et du mini-challenge de reading. Reste au final quelques moments sympathiques et surtout quelques queens attachantes, comme Elektra Shock, Anita Wig’lit, Maxi Shield ou Coco Jumbo, pour citer quelques unes de celles qui n’ont pas atteint la final. Autant de raisons de traverser le monde pour vous rendre en Australie ou Nouvelle Zélande désormais.



