
Après une première saison réussie, Canada’s Drag Race couronne sa première gagnante!
La première saison de Canada’s Drag Race s’est terminée cette semaine. Les trois juges de l’émission, Brooke Lynn Hytes (finaliste de la saison 11 de RuPaul’s Drag Race), la mannequin Stacey MacKenzie et le comédien Jeffrey Bowyer-Chapman devaient choisir la gagnante parmi les trois finalistes: Priyanka, Scarlett Bobo et Rita Baga, la seule francophone des trois.
« What’s my name? »
Quel est le nom de la gagnante? Priyanka! Agée de 29 ans, Priyanka, qui se prénomme Mark dans le civil, vit à Toronto. Elle ne fait du drag que depuis deux ans. Par comparaison, ses deux concurrentes exercent leur art depuis plus de 10 ans. De son parcours, on retiendra ses hauts (deux challenges gagnés) et ses bas (parmi lesquels son Snatch Game totalement raté), des lipsyncs mémorables et surtout une énergie et un humour diablement contagieux. Sa phrase fétiche, l’interrogation « What’s my name? » (« Quel est son nom? »), suivie de « Priyanka! », est destinée à dire sa fierté d’être d’origine indo-guyanaise et à servir de modèle aux garçons sensibles qui lui ressemblent et qui regarderont l’émission.

Il s’agit sans doute d’une grosse déception pour Rita Baga, qui a longtemps fait figure de favorite avec ses trois victoires dans des maxi-challenges. Hélas, la reine des drag montréalaises, qui a notamment animé les excellentes soirées Bagalicious au Cabaret Mado, a été stoppée dans son élan lors des derniers épisodes, où elle s’est retrouvée à devoir lipsyncher deux fois de suite — révélant au passage ses talents dans ce domaine.
Une saison réussie
Au final, cette première édition de Canada’s Drag Race est une belle réussite, en grande partie grâce à un casting qui a permis de découvrir de belles personnalités, comme la très barrée Jimbo ou Lemon, qui aura marqué la saison avec quelques reads déjà entrés dans la légende (« You talk about sex a lot. But the only thing you’re fucking… is stupid », a-t-elle lancé à Priyanka, dans le célèbre défi de la « Library »).
Seul point problématique de cette saison: les juges. La petite nouveauté consistant à laisser le ou la juge invité.e ouvrir la dernière séquence de l’émission a semblé trop peu naturelle et s’est révélée bien embarrassante. Mais surtout l’ombre de RuPaul a empêché le trio d’animateurs de trouver sa place et son identité. Le manque manifeste d’expérience de Jeffrey Bowyer-Chapman et ses maladresses à l’encontre de certaines candidates lui ont même valu un torrent de haine sur les réseaux sociaux, le contraignant à quitter Twitter. Un peu d’indulgence toutefois: Rome ne s’est pas faite en un jour. Espérons que pour sa deuxième saison Canada’s Drag Race saura davantage affirmer son identité et s’émanciper de la version américaine et du style de RuPaul.
En attendant, vous pourrez bientôt découvrir la version néerlandaise: Drag Race Holland sera diffusé à partir du 18 septembre.



