27 hommes soupçonnés d’être gay ou bi ont été arrêtés au Bangladesh

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Les autorités du Bangladesh, pays asiatique entre l’Inde et la Birmanie, auraient arrêté 27 hommes soupçonnés d’être homosexuels, un crime dans ce pays majoritairement musulman. Les hommes, qui sont pour la plupart des étudiants âgés de 20 à 30 ans, ont été arrêtés dans un centre communautaire à Keraniganj (région centrale). Les hommes auraient été trouvés en possession de drogues et de préservatifs et seront accusés de possession de drogue plutôt que d’homosexualité parce que la police les a arrêtés avant toute activité sexuelle.

La police affirme que les hommes se rencontrent au centre communautaire une fois tous les deux mois pour un événement de nuit. En conséquence, ils ont également arrêté le propriétaire du centre communautaire.

L’article 377 du code pénal du pays stipule: « Celui qui a volontairement des rapports sexuels charnels contre l’ordre naturel avec un homme, une femme ou un animal, sera puni d’un emprisonnement à perpétuité ». La loi – comme beaucoup d’autres comme celle-ci dans les pays d’Asie, d’Afrique et des Caraïbes – est héritée du passé du pays en tant que colonie britannique.

Alors que peu d’hommes gays et bis sont soumis à des accusations en vertu de l’article 377, le pays reste très anti-LGBTQ. Le mariage des couples de même sexe n’est pas légal, le service militaire est interdit aux personnes LGBTQ, il n’y a pas de protection contre les crimes haineux ou la discrimination ou de toute loi permettant aux couples homosexuels d’adopter ou aux personnes LGBTQ de faire un don de sang.

L’organisation gay la plus active au Bangladesh est un forum en ligne appelé Boys of Bangladesh qui existe depuis 2002. Ses modérateurs organisent des événements LGBTQ et travaillent à l’abrogation de l’article 377.

Le Bangladesh a également eu une publication LGBTQ appelée Roopbaan qui a été publiée pour la première fois en 2014, mais son éditeur, Xulhaz Mannan, âgé de 35 ans, et son ami ont été brutalement assassinés le 24 avril 2016.

Avant le meurtre de Mannan, ce dernier avait déclaré au Dhaka Tribune: «Il y a plusieurs cas de personnes [LGBTQ] piégées et soumises au chantage et à l’extortion de fonds.» Il avait déclaré que beaucoup d’hommes payaient plutôt que de risquer un harcèlement supplémentaire de la police.

Traduction: Christophe Martet

(Image  d’illustration par saif6996 via iStock Photography)