7 infos importantes à retenir sur les hommes gay et bi qui souffrent de troubles alimentaires

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La National Eating Disorder Association (NEDA) a indiqué récemment que le nombre d’hommes admis à l’hôpital pour des troubles alimentaires comme la boulimie et l’anorexie avait augmenté de 70% entre 2010 et 2016. Et bien que cela puisse effrayer – et pour cause -, cela signifie aussi que de plus en plus d’hommes atteints de troubles alimentaires cherchent à se faire aider.

Approximativement 15% d’hommes gay et bi vont devoir affronter un trouble alimentaire au cours de leur vie et 42% des hommes avec un trouble alimentaire s’identifient comme gay ou bisexuel. Il est donc important de comprendre pourquoi et comment on peut mettre un terme à cette tendance.

1. Les gènes et l’environnement contribuent aux troubles alimentaires des gays et des bis

Les hommes gays signalent sept fois plus des frénésies alimentaires que les hommes hétéros et douze fois plus de la boulimie, selon le NEDA.

Tyler Wooten, directeur médical du Eating Recovery Center à Dallas, affirme que les gènes et l’homophobie contribuent tous deux à ces chiffres :

Souvent, on dit que les gènes chargent l’arme, mais que c’est l’environnement qui appuie sur la détente. Il semble qu’il y ait un tempérament inné, avec lequel on naît, qui rend certaines personnes sensibles aux pressions de la société. Le tempérament de ces personnes est une grande sensibilité, un perfectionnisme, une passion et un fort intérêt à rendre les autres heureux… Une chose qui peut rendre les personnes LGBT sensibles à ça est que nous voulons vraiment être aimés et acceptés. 

Brian Pollack, un thérapeute du New Jersey spécialisé dans les troubles alimentaires, attribue cette tendance à l’obsession culturelle des gays à la beauté:

Les gays rapportent généralement une plus basse satisfaction par rapport à leur corps que les hommes hétérosexuels. Les recherches montrent qu’ils sont plus susceptibles d’affirmer qu’ils ont ressenti une objectification et une pression des médias pour avoir une apparence attirante. Nous entendons aussi des problèmes avec la culture gay et les surnoms que la communauté emploie pour se catégoriser selon la manière de parler, d’agir ou son apparence… Pour certains, essayer de s’adapter à une communauté après été rejeté par sa famille ou avoir subi les stéréotypes hétérosexuels peut souvent créer une pression qui devient source de confusion. 

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Les gays plaisantent parfois sur le fait qu’ils ne mangent pas de gâteaux apéritifs ou de glucides lors d’événements mondains ou se traitent eux-mêmes ou les autres de « gros culs » parce qu’ils prennent du dessert ou ils critiquent les autres sur leur apparence physique. Tous ces comportements contribuent à créer une atmosphère toxique qui fausse leur relation à la nourriture, au poids et à leur corps.

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2. Les troubles alimentaires débutent pour tout un tas de raisons

Bien qu’une combinaison de facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux puissent conduire une personne à développer un trouble alimentaire, les comportements viennent parfois d’un simple désir de perdre du poids ou d’un désir de se remettre d’une agression ou d’un viol. Contrôler ce qui se passe dans son corps restaure un sentiment de contrôle et la perte de poids peut aider à se débarrasser d’une vieille image de soi.

Les troubles alimentaires, toutefois, sont souvent accompagnés d’un mécontentement vis à vis de son corps, d’une image de soi négative, d’une minceur trop idéalisée, d’une obsession pour les régimes ou d’une manque de soutien de la famille ou des pairs.

La boulimie et l’anorexie demeurent les troubles alimentaires les plus communs mais l’orthorexie – une obsession avec la pureté, les bons aliments, la santé et l’exercice – a fait son apparition depuis quelques temps, cachée derrière la culture du manger sain à tout prix.

3. Les gens encouragent involontairement les hommes à avoir un trouble alimentaire

Les amis bien intentionnés, les collègues, les membres de la famille et même les coachs sportifs peuvent encourager quelqu’un dans son trouble alimentaire en le/la complimentant sur son apparence physique et sa perte de poids – des compliments comme « Wow! Ça te va bien! Continue comme ça. »

Ces compliments sont nourris en partie par la stigmatisation sociale du surpoids et la croyance erronée que tous les corps bien en chairs sont synonymes de mauvaise santé.

Certains hommes sont encouragés dans leur trouble alimentaire lorsqu’ils rejoignent des groupes en ligne pro-trouble alimentaire où les utilisateurs postent des photos et des témoignages qui ont pour but d’inspirer les autres dans leur quête de maigreur.

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4. La croyance que les troubles alimentaires sont réservés aux femmes ajoute à la honte pour les hommes

Puisque la plupart des gens associent les troubles alimentaires aux femmes, on peut ne pas considérer qu’une perte de poids rapide chez un homme est en fait un trouble alimentaire et pas juste de l’exercice, un régime ou lié à une maladie.

Etrangement, cette conception populaire qui veut que ce genre de trouble soit un « problème de femmes » ajoute une couche de honte aux hommes qui luttent avec les troubles alimentaires, qui les oblige à les cacher afin de ne pas paraître trop faible ou efféminé.

5. Les gens utilisent toute sortes de méthodes pour cacher leurs troubles alimentaires

Ils prétendront avoir manger ailleurs, mentiront à propos de leur besoin en nourriture, attribueront leur perte d’appétit à une maladie, recracheront discrètement la nourriture dans des serviettes ou aux toilettes, programmeront du travail ou des sorties à la place des repas ou jetteront de la nourriture pour faire croire qu’ils l’ont consommée.

Pour ne pas être trompé, cherchez les indices suivants: les personnes avec des troubles alimentaires peuvent être réservées ou anxieuses, préférant passer du temps seules (en particulier au moment des repas) plutôt que de socialiser comme elles l’aimaient avant ; ils peuvent devenir obsédés par des détails sur la nourriture, comme les calories ou le taux de graisse, évitant certains aliments ou mangeant d’une manière nouvelle et systématique.

Les personnes avec des troubles alimentaires peuvent aussi ressentir plus de fatigue, être victimes d’insomnie, avoir des difficultés à se concentrer, connaître des changements d’humeur ou tomber souvent malades. Il n’y a aucun problème à demander à un ami s’il mange bien ou s’il prend soin de lui. Vous pouvez même mentionner le fait que des symptômes similaires sont liés aux troubles alimentaires sans suggérer directement qu’ils en ont un.

6. Le stress peut générer une rechute

Les troubles alimentaires sont en partie causés par un besoin de contrôle – contrôler votre corps peut vous aider à vous donner un sentiment de puissance alors que vous vous sentez impuissant face au reste du monde. Donc certains hommes ayant surmonté leur trouble alimentaire peuvent rechuter lors d’épisodes de gros stress. Cela arrive.

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7. Parler des troubles alimentaires aide les personnes à aller se faire soigner

Récemment, un certain nombre d’artistes très connus, comme Eminem, ou les acteurs Denis Quaid ou Robert Pattison, ont évoqué ouvertement leurs troubles alimentaires. Le NEDA affirme que discuter ouvertement du sujet peut encourager les autres à aller se faire soigner.

Si un ami vous parle de son trouble alimentaire, le NEDA suggère de lui faire passer des messages qui ne se concentrent pas sur son corps – par exemple, complimentez le sur sa personnalité ou ses succès.

Le NEDA suggère aussi de ne pas faire de règles, de promesses ou susciter des attentes que vous ne pourrez pas tenir ou honorer. Essayez d’éviter les déclarations du type « Je promets de ne rien dire à personne » ou « Si tu recommences encore une fois, je ne te parlerai plus. »

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