ciné-club LGBT
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Le ciné-club LGBT Le 7e Genre déniche les pépites du cinéma de tous les genres

Le 7e Genre, c’est LE ciné-club de celles et ceux qui s’intéressent aux questions de genres et LGBT au cinéma. Depuis 2013, Anne Delabre, journaliste et fondatrice du 7e Genre poursuit sa recherche exigeante de films rares, anciens et parfois méconnus pour les présenter, avec un.e invité.e qui apporte un éclairage singulier sur l’œuvre. C’est grâce à une rencontre avec le directeur du cinéma Le Brady, Fabien Houi, que le projet a pu naître. Aujourd’hui, chaque séance remplit les deux salles du cinéma du boulevard de Strasbourg. Le 14 mai prochain, le 7e Genre organise un tea-dance placé sous le signe du 7e art. L’occasion d’une interview avec Anne Delabre.

Anne Delabre
Anne Delabre

Comment se porte l’association le 7e Genre?

Après deux ans d’existence, l’association se porte bien puisqu’elle a dépassé les 110 adhérent(e)s fin 2016 et en compte déjà près de 70 en ce début 2017. Adhérer, c’est montrer son soutien à cette aventure cinéphilique et militante, mais aussi devenir membre d’un ‘club’ avec des personnalités très diverses mais ayant pour point commun l’envie de voir des films sur grand écran et d’échanger autour du 7e art et de son lien avec les questions de genres et de sexualités minoritaires. Le 7e genre organise aussi des événements exceptionnels, comme le tea-dance ‘Some Like It Hot’ au Tango avec nos amis de l’association Polychrome le 14 mai, qui sera un moment de convivialité et festif en fin de saison du ciné-club.

 

Comment fais-tu le choix des films et des thèmes?

La ligne éditoriale du 7e genre consiste à proposer des œuvres qui abordent d’une manière ou d’une autre les questions de genres et de sexualités minoritaires. Il ne s’agit pas de proposer uniquement des films considérés comme spécifiquement LGBT mais plutôt de décrypter comme sont traitées ces problématiques dans des grands classiques ou dans des films plus confidentiels. La sélection est un savant équilibre entre des envies personnelles, la volonté de présenter une programmation variée, mais aussi des contraintes juridiques et financières (obtenir les droits du film à un tarif acceptable) et matérielles (trouver une copie 35 mm ou un support numérique). Certaines œuvres, hélas, ne peuvent donc pas être diffusées mais heureusement il en reste encore suffisamment à faire découvrir au public du ciné-club!

Est-ce que c’est facile de trouver des films à thématique LGBT anciens à l’heure du tout numérique?

La recherche de films n’est jamais simple et la rareté accentue bien sûr la difficulté mais ça fait aussi partie du jeu. Les copies 35mm sont de plus en plus exceptionnelles et le support numérique (DCP) les remplace souvent. On y gagne en praticité mais on y perd un peu en charme… Il faut aussi tenir compte de l’échéance des droits des films lors de l’élaboration de la programmation, comme par exemple ce fut le cas pour Sylvia Scarlett de Georges Cukor, diffusé au Brady en novembre 2015, mais qui n’est plus actuellement montrable en salles pour cette raison.

Le 7e Genre organise des projections en région. C’est quelque chose que tu souhaites développer?

Le 7e genre est régulièrement invité à des ‘cartes blanches’ dans des festivals de films en région ou dans des manifestations cinéphiliques, comme les universités populaires de Pessac (Unipop), pour y donner des conférences ou animer des projections-débats. L’idée de ne pas se cantonner à Paris est très séduisante. Mais c’est très chronophage et nous manquons de temps et de moyens pour vraiment nous développer en région. Nous sommes ravis de pouvoir nouer des partenariats, et même au-delà de nos frontières, comme par exemple avec l’université Concordia de Montréal pour la séance de clôture de saison du ciné-club le 19 juin prochain autour de Zero Patience. Grâce à l’université qui finance la venue de John Greyson, nous aurons l’immense privilège d’accueillir le réalisateur du film pour débattre après la projection ! Avec notre budget très réduit (nous ne percevons aucune subvention), nous n’aurions jamais eu les moyens de lui payer le billet d’avion…

Qui est le public des séances du 7e Genre?

Le public des séances du 7e genre est très éclectique, tant en âges, en sexes, qu’en genres… Des spectateurs, LGBT ou non, des gens curieux de découvertes aux spécialistes les plus pointus, toutes et tous sont les bienvenu(e)s au cinéma Le Brady. Nous essayons d’être à la fois exigeants en terme de qualité et accessibles au plus grand nombre. Bien loin d’assister passivement aux projections, le public du ciné-club montre à chaque fois son envie d’être acteur/actrice de la séance et d’échanger après la projection avec nos invité(e)s. Nous essayons d’élargir les horizons des un(e)s et des autres, d’amener à réfléchir sur le monde qui nous entoure en passant par la culture, et plus précisément le 7e art. C’est notre manière de militer, à notre modeste mesure.

Les deux prochaines séances du 7e Genre:

Le 22 mai: ‘Vivre me tue’ 

Paul, 27 ans, vit à Paris avec ses parents et son frère Daniel. Malgré ses diplômes, il travaille comme livreur de pizza. De son côté, Daniel en échec scolaire, est obsédé par la musculation et commence à se doper. Séance en partenariat avec Paris 2018 et présence de l’équipe du film (Jean-Pierre Sinapi, réalisateur, Daniel Tonachella, scénariste, Jalil Lespert et Sami Bouajila, comédiens).
Un extrait de ‘Vivre me tue’: 

 

Le 19 juin: ‘Zero Patience’ (John Greyson)

Une comédie musicale sur le sida, en plein pic de l’épidémie. Réalisé au Canada en 1993, sorti discrètement en France début 1995, le film de John Greyson est un des jalons essentiels de l’histoire des représentations du sida au cinéma.  Sont invités à la séance: John Greyson, réalisateur, Thomas Waugh, professeur en études cinématographiques à l’Université de Concordia (Montréal) et Didier Roth-Bettoni, auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux représentations cinématographiques de l’homosexualité (il consacre son dernier livre aux Années-sida à l’écran, préfacé par Christophe Martet, aux éditions ErosOnyx, avec le DVD du film).

Un extrait de ‘Zero Patience’:

Retrouvez le programme complet du ciné-club sur le7egenre.fr

(Image principale Jalil Lespert dans ‘Vivre me tue’)