greve du genre thierry schaffauser 8 mars
greve du genre thierry schaffauser 8 mars

« Non à l’hétérosexualité! Le 8 mars, faisons la grève du genre », par Thierry Schaffauser

Thierry Schaffauser est un militant engagé depuis de nombreuses années sur les droits des personnes LGBT et des travaileur.se.s du sexe.  A l’occasion du 8 Mars, la Journée internationale des femmes, il nous livre sa vision d’une société où l’assignation à un sexe serait dépassée.

 

Nos identités sexuelles sont multiples. Quand nous baisons, nous pouvons jouer plusieurs rôles sexuels. Nous pouvons nous définir comme top ou power bottom ou versatile. Nous pouvons nous identifier selon nos pratiques sexuelles. Nous pouvons être barebacker ou safe sex queen ou PrEPeur. Nous pouvons nous habiller au jour le jour selon des codes fétichistes. Nous construisons nos apparences et une projection de nous-mêmes selon ces identités sexuelles qui ne sont pas limitées à uniquement deux possibles.
Les possibilités sont multiples. Nous ne croyons pas qu’il n’existe que deux catégories sexuelles, binaires et qui seraient complémentaires.
Tu fais l’homme ou tu fais la femme ? On peut faire l’un ou l’autre. Ces rôles sont interchangeables. Mais en général ils sont dépassés et contraignants.
Beaucoup de gens croient encore que «homme» et «femme» sont les deux seules catégories sexuelles possibles, et pire, ils croient qu’elles sont naturelles, alors qu’elles sont construites à des fins politiques. Ce système politique s’appelle l’hétérosexualité. D’autres l’appelleront peut-être patriarcat. D’autres encore diront que la «théorie du genre» n’existe pas, ne comprenant même pas qu’ils participent pleinement à ce système et que ce sont eux qui produisent cette «théorie» en permanence.
La différence sexuelle est une religion. Tout notre système politique est basé sur cette croyance religieuse. Adam et Eve. L’arche de Noé. Papa Maman. Et ça continue encore et encore, dans les livres pour enfants, dans les films romantiques, dans les séries familiales avant ou après le journal télévisé. Un gars, une fille. Le bleu et le rose. Numéro 1 et numéro 2. Et toujours dans le même ordre bien sûr. L’un doit appartenir à l’autre, mais surtout l’autre à l’un.
Homme ou femme. On ne te laisse pas trop le choix, mais il faut quand même choisir. Si tu refuses cette assignation politique faite avant même ta naissance, tu seras puniE. Tu seras psychiatriséE. Tu seras hystériséE. Tu seras éliminéE, symboliquement ou physiquement. Sais-tu combien de personnes qui transgressent les règles de genre sont tuées chaque année ? Un indice : elles ne sont pas charlie. La police du genre sait faire usage de ses matraques.
A l’occasion du 8 mars, tu fais la Global Strike. Et si on faisait la grève du genre ?