Alan Cumming de « Battle of the sexes »: « C’est une responsabilité, et non un privilège de raconter des histoires queer »

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Lors d’une interview, Alan Cumming – génial dans le film Battle of the sexes, qui sortira aux Etats-Unis le 22 septembre et le 22 novembre en France, le célèbre écossais a parlé le devoir des acteurs et des artistes queer dans la narration des récits de la communauté LGBT. Cumming estime que faire cela à travers son travail est « une grande responsabilité ».

Battle of the sexes, réalisé par Valerie Faris et Jonathan Dayton a déjà reçu beaucoup de critiques positives. Le film raconte l’histoire de la championne de tennis Billie Jean King (incarnée brillamment par Emma Stone). L’histoire se situe au début des années 70, en pleine révolution sexuelle et émancipation des femmes.  Billie Jean King est défiée par l’ancien champion de tennis masculin et autoproclamé « macho invétéré » Bobby Riggs (Steve Carrell). Le match est vendu comme « La bataille des sexes » et devient l’événement le plus regardé de l’histoire de la télévision. En marge de ce match important, la championne doit gérer d’autres luttes comme la création d’une ligue de tennis féminin et l’émergence de sa propre homosexualité.

Dans la vraie vie, King était une star du tennis lesbienne avec aucun exemple de personnalité ouvertement homosexuelle pour l’aider à se faire une place en tant que lesbienne visible et médiatique. Dans le film, Alan Cumming joue Ted Tingling, le styliste gay mais dans le placard qui a travaillé pour la toute nouvelle Women’s Tennis Association (la WTA).

Voir la bande-annonce de Battle of the Sexes :

Cumming est génial dans le film, et ce n’est pas la première fois qu’il joue un rôle gay ou bisexuel. Son personnage partage un moment particulièrement poignant avec celui de Billie Jean King vers la fin du film, dans lequel il évoque son espoir qu’un jour les gays pourront vivre leur vie ouvertement.

Nous avons demandé à Alain Cumming ce qu’il pensait du rôle des acteurs queers dans la narration des récits LGBT. Est-une responsabilité? Un privilège? Les deux?

« En tant qu’homme queer – ou personne queer, homme bisexuel ou ce que vous voudrez – je ressens une grande responsabilité à la fois dans mon travail et ma vie personnelle de mettre en avant la diversité et de porter des messages positifs et inclusifs pour rappeler aux gens que nous sommes là, que nous sommes queers et que nous ne nous en iront pas. », répond le comédien.

battle of the sexes alan cumming stillPhoto of Emma Stone, Alan Cumming, Martha MacIsaac and Natalie Morales by Melinda Sue Gordon/© 2017 Twentieth Century Fox Film Corporation

« Et aussi, de rappeler aux gens d’être vigilants. Parce qu’il y a eu de grandes avancées récemment, en termes de droits, mais le chemin à parcourir est encore long. Tout le monde n’est pas protégée et nous ne sommes pas encore dans une société d’égalité. », ajoute-t-il. « Donc nous devons continuer à nous battre jusqu’à ce que ça soit le cas pour tout le monde. Mais nous vivons aussi à une époque ou les agressions – les crimes de haines contre les personnes LGBTQ augmentent énormément – et nous avons un président qui excuse par son silance la violence à l’égard de nombreuses minorités, donc il nous faut être vigilant. »

Alan Cumming, cependant, ne considère pas cela comme un privilège. Loin de là.

« Si on parle de privilège, dit-il, je ne considère pas que ce soit un privilège de devoir s’exprimer publiquement pour être traité comme un égal pour les autres. »

C’est un point de vue intéressant et il ne serait pas moins intéressant de savoir ce qu’en pensent les autres acteurs et artistes LGBTQ.

Photo d’Alan Cumming et Wallace Langham : alancumming.com,