Un attentat contre des établissements gay parisiens était en préparation, selon Gérard Collomb

This post is also available in: English

A-t-on échappé à un nouvel Orlando? C’est ce qu’a affirmé le ministre de l’Intérieur lors d’une audition  à l’Assemblée Nationale, dans le cadre du projet de loi sur la sécurité intérieure le 12 septembre. Gérard Collomb a annoncé que la police avait déjoué cette année « pas moins de 12 attentats ».

Selon le ministre, les terroristes visaient des casernes, des commissariats, des supermarchés, des lieux touristiques, à Paris, à Montpellier ou Lille. Parmi ceux-là, on retiendra en particulier que « le 22 août un projet d’action violente à l’encontre de boîtes de nuit parisiennes, visant en particulier des établissements gay ».

A l’évocation de ce sinistre projet, on pense immédiatement à l’attentat d’Orlando en Floride. Dans la nuit du 11 au 12 juin 2016, un homme qui se réclamait de Daesh a fait irruption dans ce club gay, armé jusqu’aux dents. Il a tué 49 personnes et en a blessé 53 autres, avant d’être abattu par la police. Ce massacre a bouleversé le monde entier. De nombreuses villes ont rendu hommage aux victimes, y compris en France. La Tour Eiffel avait alors été illuminée aux couleurs du rainbow flag.

« Ce n’est pas une surprise », pour le Sneg

Pour Rémi Calmon, directeur de Sneg&co, le syndicat des entreprises gay, la déclaration du ministre « n’est malheureusement pas une surprise. » « C’est même une évidence, ajoute-t-il. Nous et notre mode de vie faisons partie des cibles que les terroristes veulent dénoncer. »

Sur son site, Sneg&co a adressé le message suivant aux établissements :

« Cette annonce nous rappelle la nécessité d’une vigilance renforcée et d’une sensibilisation des salariés au sein de chaque établissement. Sans psychose, sans alarmer la clientèle, vous pouvez adopter une série de mesures avec votre service interne de sécurité ou avec votre prestataire d’agents de sécurité ainsi qu’avec les diverses autorités de police : commissariats d’arrondissements ou gendarmerie, préfecture ou préfecture de police… »

Le syndicat conseille ainsi toute une série de dispositifs mis en place notamment après les attentats de novembre 2015, qui ont touché plusieurs bars du Xè et XIè arrondissement, ainsi que le Bataclan.

Rémi Calmon note d’ailleurs que les dispositifs de sécurité qui avaient été renforcés dans certains établissements après novembre 2015 (fouille des secs, personnel supplémentaire) ont été abandonnés depuis. Pourtant, « ignorer le risque terroriste est en soi un risque majeur », avertit-il. Il reconnaît néanmois que « cela ne fera pas tout. »