Les bi.e.s ont une moins bonne qualité de vie que les hommes gays, mais pourquoi?

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Une étude britannique publiée récemment montre que celles et ceux qui s’identifient comme gay, lesbienne ou bi rapportent qu’ils ont une moins bonne qualité de vie que la moyenne.

Et ce sont les bisexuel.le.s qui s’en sortent le moins bien.

Une étude publiée par le Office of National Statistics a montré que les personnes LGB notaient moins bien que les hétérosexuel.le.s leur qualité de vie, leur bonheur ou la perception que ce qu’ils/elles font dans leur vie a de la valeur.

Les plus grandes différences sur les questions de bien-être peuvent être observées sur l’anxiété. Trois personnes sur dix (30,1%) qui s’identifient comme bisexuel.le ont signalé une anxiété importante. En comparaison celles et ceux qui s’identifient comme hétéros sont deux sur dix (19,5%) à signaler de l’anxiété.

Les personnes bi.e.s ont aussi déclaré les plus bas taux de bonheur et de satisfaction dans leur vie dans les trois années avant fin 2015.

La communauté trans n’a pas été inclue dans la recherche parce que celle-ci se concentrait sur l’orientation sexuelle et non l’identité de genre.

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Ces résultats font écho à une étude similaire publiée par l’Université Rice en 2015.

L’étude « Une nouvelle pièce du puzzle: Orientation sexuelle, genre et statut de la santé physique » a analysé des questions auto-administrées sur la santé et d’autres facteurs qui y contribuent parmi 10 218 gays, lesbiennes ou bisexuel.le.s, et 405 145 hétérosexuel.le.s. Les bisexuel.le.s ont eu des taux plus bas que les hétérosexuels et les homosexuels dans chaque catégorie.

Les résultats de l’enquête indique que les bisexuel.le.s ont en moyenne une moins bonne santé, gagnent moins d’argent, sont moins diplômés et fument plus de cigarettes.

Justin Denney, un professeur assisant de sociologie à Rice, a déclaré: «Si les bisexuel.le.s sont une minorité dans la minorité et qu’ils vivent des formes plus extrêmes de discrimination, cela pourrait contribuer à des disparités sur les revenus, l’éducation, la propension à fumer des cigarettes et d’autres facteurs qui affectent le bien-être.»

Les gens qui s’identifient comme bisexuel.le.s rencontrent beaucoup de discrimination, y compris de la part des gays et des lesbiennes qui pensent qu’ils ou elles peuvent cacher leur sexualité quand ils ou elles le veulent. Compte-tenu de la biphobie à l’intérieur et à l’extérieur de la communauté LGBT, les bis restent au placard six fois plus que les gays ou les lesbiennes.

Armen, un homme bi au placard, a confié au site Bisexual.org son sentiment sur la manière dont les communauté lesbienne, gay, asexuelle et hétéro accepte les personnes bi.e.s.

Il a confié: « Je pense que c’est différent pour chaque personne. Je pense que la communauté LGBTQ n’est pas vraiment une communauté. C’est juste un acronyme pour séparer les communautés. Au moment des Pride, nous y allons pour retrouver un sentiment d’appartenance avec des gens comme nous, mais ce que nous trouvons, au moins dans la communauté bisexuelle, et cela pourrait être valable pour les asexuels aussi, c’est que lorsque tu vas là bas, tu te sens un peu aliéné.»

Bisexual.org signale: « Les personnages bis et asexuelles partagent la caractéristique unique d’être invisible non seulement dans les espaces queer mais aussi dans les espaces hétéros, un dilemme qui crée une anxiété et un sentiment global d’exclusion de la part de ces deux groupes.»

 

Traduction: Xavier Héraud