Anne Hidalgo, maire de Paris. Juin 2017.
Anne Hidalgo, maire de Paris. Juin 2017.

Centre d’Archives LGBT de Paris: Les Ecolos mettent la pression sur Anne Hidalgo

On ne sait plus bien si c’est un serpent de mer ou une tortue. Toujours est-il que le projet de Centre d’archives LGBT de Paris semble avancer avec une lenteur déconcertante.

Le groupe Ecologiste a fait voter un vœu au Conseil de Paris en 2014 et un budget pour une mission de préfiguration. Hélène Bidard, adjointe chargée de la lutte contre les discriminations et l’égalité hommes-femmes s’est saisie du dossier. Les associations LGBT et ceux que le sujet concernent sont régulièrement consultés. En attendant mieux, un local de 20 mètres carrés a été mis à disposition pour sauvegarder des archives. Largement insuffisant pour certains, comme pour Le conservatoire des mémoires et des archives LGBT qui réclame à corps et à cris un local digne de ce nom.

Dans un courrier du 25 septembre adressé à Anne Hidalgo, Anne Souyris et David Belliard, co-présidents du groupe Ecologiste au Conseil de Paris, qui avait porté un voeu sur le Centre d’Archives en 2014, manifestent poliment mais fermement leur impatience.

« Le temps presse. Des associations mais aussi des particuliers ont entreposé des milliers de documents de tout ordre dans des placards et autres caves, rendant particulièrement incertaine la conservation de ces témoignages. », lancent-ils.

« Malheureusement, nous avons aujourd’hui de très fortes craintes sur l’état d’avancement du projet. Le lieu mis à disposition pour entreposer les documents est largement sous-utilisé, sans doute car il ne correspond ni aux besoins ni aux attentes. En outre, le processus de concertation avec les acteurs associatifs semble se révéler insuffisant et l’organisation d’un colloque, aussi important soit-il, ne saurait constituer un horizon suffisant sur ce sujet pour notre mandature. », ajoutent les deux élus.

Didier Lestrade interpelle Anne Hidalgo

Ces derniers ne sont pas les seuls à vouloir mettre la pression à la maire de Paris. Fin août, Didier Lestrade, co-fondateur d’Act Up-Paris, a interpellé Anne Hidalgo sur Twitter, qui a répondu le lendemain en estimant qu’il fallait que l’Etat s’empare de la question. Problème, c’est justement l’Etat qui a fait blocage lors de la tentative précédente, chapeautée par Louis-Georges Tin.

La réponse ne satisfait pas vraiment Anne Souyris et David Belliard. « Vous en conviendrez, ce type de projet ne peut être passé de main en main comme – vous nous pardonnerez l’expression – une « patate chaude » », taclent les Verts dans leur communiqué.

Didier Lestrade ne lâche pas le morceau. Dans une tribune publiée sur Slate début septembre, le co-fondateur d’Act Up-Paris remet les pieds dans le plat. « Si ce centre d’archives n’est pas ouvert avant ma mort, ce sera Anne Hidalgo et Bertrand Delanoë qui se partageront mes cendres sur leurs têtes. Le compte à rebours commence maintenant », tempête-t-il.

Côté associatif, on s’organise aussi pour faire monter la pression. Ainsi, Act Up-Paris accueille les réunions du groupe Archives LGBTI.

Identifier un local pour accueillir les archives LGBT

Pour le groupe Ecologiste du Conseil de Paris, la solution n’est pourtant pas compliquée: « il faut dès maintenant identifier et réserver un lieu où ce centre pourra être créé ». « Nous disposons de nombreux bâtiments inutilisés, qui pourraient pour l’un d’entre eux être réservé à cet usage, en particulier dans le cadre de Réinventer Paris 2, qui présente des bâtiments qui pourraient tout à fait héberger ce type de structure », avancent-ils.

« En outre, nous devons donner les moyens aux acteurs associatifs ainsi qu’aux collectifs citoyens pour faire vivre ce lieu et commencer le travail de recensement, de collecte et d’identification documentaire, en lien avec d’autres structures comme les archives nationales qui possèdent déjà des fonds liés aux mémoires des LGBTQI. »

Les élus terminent en appelant Paris à s’engager plus volontairement dans le projet. Contacté, le cabinet d’Hélène Bidard, adjointe chargée du dossier n’a pas encore réagi.

Photo: Xavier Héraud