Chelsea Manning: A quoi va ressembler sa vie après sa libération ?

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Le 17 mai, Chelsea Manning – l’analyste du renseignement de l’armée américaine reconnue coupable d’avoir violé la loi sur l’espionnage en divulguant des documents militaires classés et des câbles diplomatiques à Wikileaks en 2013 – et condamnée à une peine d’emprisonnement de 35 ans a été libérée de la prison militaire de Fort Leavenworth, au Kansas.

L’ancien président des États-Unis, Barack Obama a commué la peine restante de Manning avant de quitter son poste en janvier 2017. Au cours de son procès, Manning a déclaré qu’elle avait eu l’intention d’aider des personnes en faisant fuiter les documents et « n’avait pas l’intention de nuire aux intérêts des États-Unis ou de nuire à tout autre membre de l’armée. »

Après sa libération, la porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Jennifer Johnson, a expliqué que Manning restera en service actif non rémunéré et sera affectée à un poste militaire inconnu. Une cour d’appel devrait levée sa condamnation devant la cour martiale.

La mère de Manning, Susan, a déclaré que sa fille de 29 ans vivrait dans son Maryland natal. Une campagne de crowdfunding en cours a permis de recueillir 138680 dollars (environ 124000 euros), pour payer « le soutien logistique, émotionnel et financier de Manning pour son retour à la liberté. »

Dans un communiqué publié le 9 mai 2017, Chelsea Manning a déclaré:

«J’ai vu le monde changer depuis des murs de la prison et à travers les lettres que j’ai reçues des anciens combattants, des jeunes trans, des parents, des politiciens et des artistes. Mon moral a été soutenu dans ces temps difficiles, en lisant ces soutiens, en partageant leurs triomphes et en les aidant à relever leurs défis. J’espère transmettre des leçons que j’ai apprises, de l’amour que j’ai reçu et de l’espoir que je dois, pour travailler à améliorer la vie des autres. »

Peu de temps après sa condamnation, Manning a fait son coming out de femme trans. L’année suivante, elle avait légalement changé de nom et un an plus tard, les autorités militaires américains ont commencé à utiliser pour elle un pronom féminin et ont lui ont fourni une psychothérapie hebdomadaire sur la dysphorie de genre, ains que l’accès à l’hormonothérapie, à des sous-vêtements féminins, à des cosmétiques. L’armée a également accepté la demande de Chelsea Manning pour la chirurgie de réassignation du genre.

Néanmoins, les militaires ont refusé de transférer Manning dans une prison pour femmes ou lui ont interdit de laisser pousser ses cheveux de peur que d’autres détenus masculins puissent tenter de la violer.

Au cours de son séjour en prison, Manning était très surveillée durant sa toilette et le temps en promenade et elle fut punie pour avoir gardé un tube de dentifrice usagé, des magazines gays et un exemplaire de Vanity Fair avec Caitlyn Jenner sur la couverture. Elle a tenté deux fois de se suicider et a suivi une grève de la faim pendant son incarcération pour protester contre ses conditions de détention.

Bien que certaines informations divulguées par Manning révèlent des abus comme une vidéo de 2007 montrant un des soldats américains en train de rire en tuant des civils irakiens, un rapport du Département de la Défense a déclaré que toutes les informations divulguées étaient «datées … de peu d’intérêt ou … déjà connues».

Traduction: Christophe Martet