Voici comment la décision de Trump contre les jeunes migrants va toucher 75000 personnes LGBT sans papier

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Hier, le procureur général Jeff Sessions a annoncé le plan de l’administration Trump visant à mettre fin à l’aide apportée aux enfants entrés illégalement aux Etats-Unis. Le programme s’appelle Deferred Action for Childhood Arrivals (Daca), et il accorde un statut juridique temporaire aux enfants d’immigrants entrés illégalement, afin que ces jeunes puissent vivre et travailler aux États-Unis.

La décision de Trump affectera environ 75 000 personnes LGBTQ qui sont admissibles au programme, y compris les 36 000 participants au Daca, selon le groupe de recherche sur les politiques publiques The Williams Institute.

 

Qu’est-ce que Daca?

En vertu de Daca, les enfants d’immigrants qui sont arrivés aux États-Unis avant l’âge de 16 ans et qui ont vécu en Amérique continuellement depuis juin 2007 peuvent demander à plusieurs reprises que leur expulsion soit retardée de deux ans. Pendant ce temps, ils peuvent travailler et résider aux États-Unis sans crainte d’expulsion tant qu’ils n’ont pas d’antécédents criminels, ne représentent aucune menace pour la sécurité nationale et sont inscrits dans l’enseignement supérieur ou dans l’armée.

Beaucoup de personnes admissibles à Daca – connues sous le nom de Dreamers, d’après le nom d’un projet de réforme de l’immigration (DREAM Act), espéraient que le Congrès finirait par adopter des réformes pour leur accorder la résidence permanente en Amérique plutôt que l’expulsion dans un pays qu’ils n’ont jamais considérés comme le leur.

 

Comment la décision de Trump sur Daca affecte les immigrants LGBTQ

Désormais, les sans papiers ne peuvent plus postuler au Daca et leurs permis de travail, de résidence et d’études arriveront à échéance en mars 2018. Ils auront jusqu’au 5 mars 2018 pour obtenir un nouveau délai de deux ans. Ensuite,  tous les droits expireront en 2020, à moins que le Congrès actuel dirigé par les républicains adopte des réformes d’immigration supplémentaires leur permettant de rester.

En tant que tel, les personnes LGBTQ sans-papier qui auraient été qualifiées pour rester sous Daca, qui sont maintenant âgés de 15 à 36 ans, seront confrontés à la menace constante de l’expulsion, et cette menace va perturber leur travail, leurs déplacements ou leur participation à toute activité quotidienne nécessitant une identification délivrée par le gouvernement.

Les dirigeants des plus grandes organisations LGBTQ de l’Amérique ont dénoncé le plan de Trump et se sont engagés à soutenir les législateurs et les leaders communautaires qui s’y opposent.

 

Obama répond à Trump sur l’abandon de Daca

L’ancien président Barack Obama a élaboré Daca en 2012 comme un moyen de «lever l’épée de Damoclès de la déportation» pour les 800.000 personnes arrivées en Amérique pendant leur enfance. Cependant, comme Obama a créé le programme par décret présidentiel, Trump peut simplement revenir en arrière sans l’approbation du Congrès.

Au cours de son annonce, le procureur général des États-Unis, Jeff Sessions, a justifié la fin de Daca en affirmant que ce programme a créé une augmentation des passages frontaliers illégaux vers les États-Unis, malgré deux études différentes montrant que moins de 15 enfants sur 400 qui ont traversé la frontière savaient ce qu’était Daca.

Jeff Sessions a également affirmé que Daca a permis aux immigrants de prendre des emplois américains, bien que les études aient montré que les immigrants prennent généralement des emplois à bas salaire nécessitant un travail non qualifié, créant des emplois plus qualifiés et permettant à d’autres industries américaines de s’épanouir de la main-d’œuvre à bas prix (un système d’exploitation qui bénéficie de la main d’œuvre immigrée).

Dans un message Facebook répondant à la décision de Trump, Obama a écrit:

[Nous avons créé DACA parce que] ça n’avait aucun sens d’expulser des jeunes talentueux, motivés et patriotes du seul pays qu’ils connaissent uniquement en raison des actions de leurs parents. … Cibler ces jeunes est une faute, parce qu’ils n’ont rien fait de mal. C’est  contre productif- parce qu’ils veulent créer de nouvelles entreprises, collaborer avec nos laboratoires, servir dans notre armée et contribuer autrement au pays que nous aimons. Et c’est cruel. Et si le professeur de sciences de notre enfant, ou notre amie, se révèle être un Dreamer? Où sommes-nous censés l’envoyer? Dans un pays qu’elle ne connaît pas ou dont elle ne se souvient pas, dont elle ne parle même pas la langue?

Traduction: Christophe Martet