travail sexe
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En Europe, la légalisation de la prostitution fait baisser les taux de VIH chez les travailleuses du sexe

La légalisation du travail du sexe a un impact sur le nombre de cas de VIH. L’étude vient de paraître dans la prestigieuse revue scientifique The Lancet et a été signalée par le Collectif Droits et Prostitution. Menée dans 27 pays d’Europe pour comparer les législations en matière de travail du sexe (chez les femmes) et les taux de VIH, ses résultats  sont sans appel:

« Les pays qui ont légalisé certains aspects du travail sexuel ont une prévalence du VIH significativement plus faible parmi les travailleuses du sexe que les pays qui criminalisent tous les aspects du travail sexuel, même après avoir contrôlé le niveau de développement économique et la proportion de travailleuses du sexe qui sont des consommatrices de drogues injectables.[…] Nos résultats suggèrent que la légalisation de certains aspects du travail sexuel pourrait aider à réduire la prévalence du VIH dans ce groupe à haut risque, en particulier dans les pays où le système judiciaire est efficace et équitable.

Les prévalences du VIH vont de 0,1% parmi les travailleuses du sexe en République Tchèque à 22% en Lituanie. Il en ressort que les dix pays qui criminalisent le plus le travail sexuel ont huit fois plus de prévalence au VIH (environ 4%) que les 17 pays où la vente de services sexuels est légale (environ 0,5%).

Parmi les 17 pays qui ont légalisé la prostitution à des degrés divers, les législations sont différentes et certains pays continuent de pénaliser le client, les parties tierces ou encore le travail en intérieur. Le collectif Droits et Prostitution souligne que l’Allemagne, dont la loi fédérale ne pénalise aucun aspect du travail sexuel (établissements, parties tierces et clients inclus) a parmi les meilleurs résultats.

Une étude réalisée en 2014 suggérait déjà que la dépénalisation du travail sexuel contribuerait à une baisse des infections VIH dans cette population de 33 à 46% en une décennie.

Cette étude a été réalisée avant que la France adopte des mesures pour pénaliser les clients des travailleur.se.s du sexe.
Dans son communiqué, le collectif explique qu’en France, depuis la pénalisation des clients:

« nous observons également une précarisation et une mobilité accrue. Cela conduit certaines travailleurSEs du sexe à accepter des rapports sexuels sans préservatifs avec leurs clients, mais aussi à des interruptions de traitements ARV ou PrEP lorsqu’elles doivent se déplacer loin de chez elles sur une plus longue période. Les démarches administratives de renouvellement de prescriptions de médicaments ou auprès de la sécurité sociale pour leur couverture médicale passent au second plan après le fait de devoir maintenir ses niveaux de revenus.

Le collectif réclame une dépénalisation entière du « dépénalisation entière du travail sexuel, incluant la dépénalisation des clients. »