Two Athletes Ready to Start the Race
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Jeux Olympiques à Paris: une vitrine des droits LGBTQI?

Le 13 septembre dernier, le CIO a attribué sans vrai suspense, l’organisation des Jeux Olympiques à la ville de Paris. Un Conseil de Paris extraordinaire avec la présence des « hérauts » de l’aventure, carton Paris 2024 en main, a eu lieu le 15 septembre. Là, foison d’applaudissements et de remerciements pour la délégation française… Il ne fallait pas gâcher la fête, même si le groupe écologiste a fait entendre sa propre musique avec une joie nettement plus mesurée que les autres groupes… Avec une quasi unanimité donc, c’est parti. Sept ans de préparation dont on ne mesure pas encore vraiment l’ampleur : qu’on soit pour ou contre l’organisation des Jeux, la ville de Paris et la Seine Saint-Denis seront métamorphosées en 2024 !

L’événement le plus LGBTQI friendly

Les Jeux Olympiques ont eu longtemps une image, en terme de droit de humains, assez timide. Et pourtant aujourd’hui, c’est l’événement sportif qui semble le plus LGBTQI friendly qui existe. Ce sont les sportifs qui sont en grande partie responsable de cette transformation même si la Charte Olympique ne souffre d’aucune discussion au sujet des discriminations. L’article 6 du Chapitre 1 est, on ne peut plus clair : « La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Charte olympique doit être assurée sans discrimination d’aucune sorte, notamment en raison de la race, la couleur, le sexe, l’orientation sexuelle, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres, l’origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance ou toute autre situation. » L’homosexualité dans le sport est un sujet qui reste aujourd’hui tabou. Pourtant, en 2014, les Jeux d’hiver de Sotchi ont été le théâtre à l’échelle mondiale de la polémique autour des lois homophobes promulguées quelques mois avant. Et Vladimir Poutine d’accueillir les athlètes et les touristes gays avec ce « Vous pouvez rester sereins, mais laissez nos enfants tranquilles s’il vous plaît. » Dès l’été 2013, des appels au boycott ont été lancés partout. L’événement était devenu une contre-publicité pour la Russie. Et le CIO dans l’affaire Sotchi ? Sa réponse à l’époque, a été très timide demandant au plus des «clarifications» à Moscou… Les sportifs ont été plus virulents, eux: Billie Jean King, tenniswoman lesbienne et Brian Boitano, patineur qui a fait son coming-out peu de temps avant Sotchi, ont mené la délégation américaine… et n’ont pas été tendres avec le gouvernement russe. Et on se souvient du costume volontairement provocateur rose fuchsia du patineur Johnny Weir, devenu commentateur pour NBC.

Rio: les Jeux Olympiques du coming-out

Depuis Pékin en 2008, les Jeux offrent, souvent involontairement, une visibilité aux sportifs LGBT à l’instar de l’australien Matthew Mitcham (plongeon) à Pékin en 2008, le premier gay out à monter sur un podium olympique. A Londres en 2012, c’est Caster Semenya, porte-drapeau intersexe de l’Afrique du sud, qui sera la star LGBTQI des Jeux. Elle sera d’ailleurs médaillée d’or du 800m (après la disqualification de la russe pour dopage !). Ce sont d’ailleurs surtout les filles qui ont porté haut les couleurs de l’homosexualité : les 7 athlètes out de Sotchi étaient toutes lesbiennes… Mais le mouvement semble prendre de l’ampleur au point qu’on a appelé les Jeux de Rio, ceux du coming-out ! Le conservatisme en vigueur dans le sport a explosé avec plus d’une cinquantaine de sportifs LGBTQI. De la nageuse italienne Rachele Bruni (qui salue sa compagne en conférence de presse le lendemain de sa médaille d’or), au joueur de water polo espagnol Victor Gutiérrez qui fera son coming-out quelques mois avant les Jeux en se présentant à la presse comme un «athlète gay » ! Rio a même eu droit à ses demandes en mariage entre personne de même sexe : celles de la Brésilienne Isadora Cerullo (Rugby à 7) ou du marcheur britannique Tom Bosworth. On se souvient aussi (malheureusement !) de l’outing de Amini Fonua, un nageur des îles Tonga, par un média américain qui a soulevé l’indignation générale à Rio: l’homosexualité est encore illégale dans son pays… Les Jeux Olympiques seraient donc une vitrine des droits LGBTQI. Pari alléchant d’autant que la Maire de Paris, Anne Hidalgo a lancé en juin dernier un programme pour faire de sa ville une capitale du tourisme LGBT mondiale.

En attendant Paris 2024, nous ne manquerons pas Paris 2018, les Gay Games ! La capitale a été élue ville hôte de l’événement en 2013. L’une de ses marraines est d’ailleurs Laura Flessel, l’actuelle Ministre des Sports et le dossier avait été déposé par la FSGL en présence de la Première adjointe au Maire de Paris de l’époque, Anne Hidalgo ! Les Gay Games sont tout proches… On a tous les jeux !

Dominique Chaudey

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