Son nouvel album, son statut d’icône gay: Kylie Minogue se confie en exclu à Hornet

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Kylie Minogue, l’une des artistes pop les plus influentes des XXè et XXIè siècle, surnommée la « Déesse de la pop », se produira en public lors de la New York City Pride le 24 juin prochain.

Son dernier album, Golden, montre une facette très différente de la diva pop australienne. Inspirée par la musique de Nashville, son 14ème album studio explore un aspect plus personnel de la vie de Kylie, ce qu’elle n’a pas toujours fait avec sa musique. Le pari a été gagnant, le premier single de l’album Dancing, s’est classé à la première place de l’American Billboard Dance Chart, et l’album est numéro un au Royaume Uni et en Australie.

Hornet a rencontré Kylie Minogue à quelques jours de sa seule performance lors d’une Pride en 2018. Outre ses projets pour ce week-end de fierté, elle nous a parlé de ses inspirations pour son album le plus personnel à ce jour et comment elle gère son statut d’icône gay.

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HORNET: Vous serez à la New York Pride! Pouvez-vous nous révéler ce que vous préparez pour le show? 

KYLIE MINOGUE: J’ai tellement hâte et ça devient de plus en plus réel jour après jour. Je ne veux pas en dire trop, mais nous avons une demie-heure. Donc, je voulais faire un mélange de vieux morceaux et de nouveaux. Je voulais quelque chose de spécial pour la Pride. Donc ça va plutôt bien bouger. Je veux aussi avoir un moment un peu plus calme… mais on reprendra le rythme très vite après ça. Venez nous voir et on s’occupe de tout.

Il y a une page wikipedia consacrées aux icônes gays…

Apparemment, je suis dessus, ce qui est dingue. Je veux dire, cette histoire d’amour entre moi et la communauté [LGBT] dure depuis presque trente ans.  Je suis très consciente de tout ça, il y a beaucoup d’amour, de loyauté et de foi là dedans, ce qui est incroyable, mais ce qui compte le plus pour moi, c’est que cela s’est fait de manière complètement naturelle.

A mes débuts, le « dollar rose » n’existait pas. Donc, cela n’a jamais été une stratégie marketing. Cela s’est juste passé comme ça et j’en suis ravie.

Qui est vôtre icône gay? 

Je ne saurais pas par où commencer! Il y a deux mecs dans ma vie — deux hommes avec qui je travaille quasiment tous les jours — qui sont merveilleux. Mais si je pense à des icônes, je dirais Cher et Dolly Parton.

Mais, vous savez, j’ai commencé à travailler à la télé à 11 ans et je suis quasi sûre que l’homme qui me maquillait était gay. Je crois que j’ai la chance d’avoir été élevée dans un domaine où cela était présent et accepté, donc cela n’a jamais été quelque chose que j’ai remis en cause.

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Quelle est votre chanson préférée de Cher?

Oh, seigneur. La première à laquelle je pense, c’est Believe, bien sûr. Elle est assez évidente. Je ne sais pas si c’était la même chose aux Etats-Unis, mais en Angleterre, ce titre a marqué son grand retour. Je peux facilement me perdre dans un vortex de Cher sur Youtube.

A quoi ressemble votre vortex de Cher? 

Tout et n’importe quoi. Et ce qui est fou, c’est que ça ne finit jamais. Vous n’avez jamais tout vu. On m’a envoyé une image l’autre jour et je me suis dit « Oh mon dieu, je n’avais jamais vu ça! ». C’était une image d’elle et Bowie, que je n’avais jamais vue.

Et ses émissions de télé. J’aurais été un peu jeune pour les regarder à l’époque et je ne suis pas certaine que le Sonny and Cher Show ait été diffusé à la télé australienne, ou alors je n’en ai pas eu connaissance. J’ai passé pas mal de temps à rattraper mon retard sur ce qu’on fait toutes ces femmes incroyables: par exemple les duos de Cher et Tina Turner qui chantent leurs chansons ensemble. J’ai fêté mon 50ème anniversaire il y a quelques semaines, et le thème n’était pas vraiment celui-là, mais c’était très inspiré par le Studio 54.

Parlez-nous de la sortie de votre nouvel album, « Golden ». Vous montrez une facette inhabituelle de vous.

Maintenant que l’album est sorti et que j’ai eu des retours, je suis complètement bouleversée. Personne ne connaîtra réellement mon histoire, parce que ce n’est pas mon genre. Je ne lave pas mon linge sale en public. Je ne suis pas comme ça. Mais cet album révèle malgré tout quelques moments, quelques pensées, sentiments ou histoires.

Et les retours qu’on m’a faits m’ont vraiment touchée. Des gens m’ont dit « j’ai vraiment aimé ça. Je le comprends. Je suis en phase avec vous. » ou « votre disque me donne du courage et de la force. »

J’adore le fait que ça donne de la force aux gens et qu’au passage ils/elles aient pu me comprendre un peu mieux. La décision d’écrire des paroles un peu plus personnes a été très facile à prendre. J’ai su que c’était la manière la plus rapide de faire le tri dans certaines choses et d’être honnête avec moi-même. Je suis arrivée à un stade dans ma vie où je me suis dit: « Ca suffit. Tu dois être honnête avec toi-même, tu dois être honnête dans ce projet. »

Donc cela a été très cathartique et très gratifiant. Cela n’a pas été toujours simple, mais l’expérience a été fantastique. Dieu merci, j’avais un album à faire donc je pouvais passer mon temps dans un studio. Cela m’a en quelque sorte sauvée.

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Avant cette interview, nous avons demandé à nos internautes de nous soumettre des questions. L’un d’eux, Evan, avait une question concernant votre album de 1997, Impossible princess. Il demande « aurez-vous un jour la reconnaissance que vous méritez pour cet album? Il est pionnier dans le domaine de la musique electro-pop, et les autres divas devraient s’incliner devant lui. »

Oh, wow! Il s’avère que cet album a été un succès, d’une certaine façon. Certains fans ont une véritable passion pour lui. Et je dirais que c’est le seul autre album où… je veux dire, il était très personnel. Je ne pense pas que j’étais capable de parler ou de faire passer des messages aussi clairement que maintenant. Mais c’était ce que je voulais sortir dans le contexte de l’époque. Nous étions dans les années 90. Il y avait Björk, Garbage, Blur… c’était eux mes sources d’inspiration à l’époque.

Je n’aurais jamais de reconnaissance pour ça, mais j’en ai eu assez de la part des gens qui comptent. Je n’en avais pas besoin, mais c’est bien de l’avoir et que les gens en retirent.

Y a-t-il des chansons dans votre répertoire qui vous donnent des frissons quand vous les écoutez?

C’est difficile de choisir, mais je prendrai une chanson récente qui figure sur l’édition Deluxe de Golden, qui s’intitule « Lost Without You ». Ca se passe dans le pont. John Green et moi, quand nous avons écrit la chanson en studio, nous arrivons au pont et nous jouons plusieurs mélodies, mais rien ne va. Je pense que nous commencions à manquer de temps. Et j’ai dit « je devrais peut-être dire quelque chose, juste en parlant ». C’est venu comme ça, j’ai eu une intuition.

Donc quand il envoyé le premier mix de Lost without you et quand je l’ai entendu la première fois — je m’en souviendrai toujours, parce que c’était lors d’une autre session, donc je restais la maison de ce producteur — il était environ 1h du matin. J’ai juste eu les larmes aux yeux au milieu de la chanson. Ca m’a coupé le souffle. J’ai pensé: « Oh, mon dieu. Il a réussi. Ca… me donne des frissons. » Donc en voilà une. Je ne l’ai jamais jouée en live, pour le moment. J’espère pendant la tournée.

Et si je devais retenir un autre titre que les gens connaissent parce que je l’ai joué en public, ça serait The One. La chanson monte, monte, monte, jusqu’au moment où ça retombe et tu fais juste « Ahhh », comme s’il y avait des explosions de paillettes partout. Lumière d’étoile, explosion d’étoile, tout ce que vous voulez, c’est ça qui se passe dans ma tête à ce moment là.

En 2018, quel est votre message à vos fans LGBT. Ou pas seulement LGBT, quelqu’un qui vous écoute et qui se sent à l’écart. Que lui diriez-vous?

Tiens bon. Si c’est quelqu’un qui me suit: merci. Et ensuite, j’allais dire que nous avons de la chance de pouvoir avoir des discussions maintenant sur l’individualité, mais je sais que ce n’est le cas partout.  Donc si ça n’est pas le cas, c’est là que nous devons aller — là où nous pouvons tous nous sentir à l’aise dans notre peau.

D’un point de vue plus large, même si vous n’êtes pas confronté aux mêmes obstacles que les autres dans la communauté, nous essayons tous de trouver notre voie. Je crois que tout le monde dans la vie essaie de trouver sa voie, et dans le temps, nous évoluons et le temps nous fait évoluer. Donc je dirai si vous êtes au meilleur de votre vie, célébrez le ; si vous n’y êtes pas encore et que vous luttez, tenez bon. Vous y parviendrez.

Et souvenez-vous qu’il vous garder l’espoir. C’est la seule chose que vous devez posséder absolument.