Maroc LGBT akalyiat
Maroc LGBT akalyiat

Le Maroc ne veut toujours pas voir d’associations LGBT dans le royaume

AU Maroc, les autorités de Rabat Salé ont refusé de délivrer un visa autorisant les activités publiques de Akaliyat, la première association LGBT de défense des droits des homosexuels. C’est ce que cette association a annoncé par communiqué, notamment sur sa page Facebook. Le wali (gouverneur) de la région a avancé que la demande ne respectait pas plusieurs dispositifs légaux et que l’association n’avait précisément pas informé les autorités de l’assemblée générale constitutive organisée le 24 décembre 2016.

Le collectif Akaliyat qui signifie minorités a souhaité se rendre visible en devenant officielle. Une démarche courageuse au Maroc où l’homosexualité est toujours pénalisée et les associations LGBT inexistantes. Selon le communiqué publié par l’association, le gouverneur de Rabat-Salé a tout simplement rejeté la réception du dossier remis notamment par le président d’Akaliyat, Tarik Naji. Selon l’article 3 de la loi qui régit les associations, est considérée comme « nulle toute association fondée sur une cause ou un objet illicite, contraire aux lois et à la morale publique, et qui a comme objectif d’attenter à la religion musulmane, à l’intégrité territoriale ou au régime monarchique […] ».

Valeurs et principes des droits humains

Mais pour l’association, cette obstruction ne tient pas la route. Le collectif est bien décidé à poursuivre ses démarches. Parmi les objectifs de l’association figurent la promotion des valeurs et des principes des droits de l’homme, le soutien aux personnes persécutées au motif de « leur race, de leur conviction religieuse ou de toute autre condition personnelle ». L’association explique que ces objectifs ne sont pas incompatibles avec la loi sur les associations.
Akaliyat interpelle donc l’opinion publique face au harcèlement répété dont elle se dit la cible et déclare: « ce refus nous rend plus déterminé à poursuivre la lutte pour les libertés et la protection des minorités. »

Comme le rappelle le site d’infos indépendant maghreb-info, il existerait de nombreux autres collectifs LGBT au Maroc , mais ils agiraient dans la clandestinité. L’article 489 du Code pénal du Maroc considère l’homosexualité comme un crime passible de peines d’emprisonnement allant de six mois à trois ans.