metz rainbow flag front national
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Metz: Quand le FN oppose le bleu, blanc, rouge des « patriotes gays » au rainbow flag des « communautaristes »

La scène se passe à Metz, durant le conseil municipal du 27 avril dernier. La discussion porte sur la proposition d’adopter une convention entre la ville et l’association Couleurs Gaies, nommée Charte Metz Moselle LGBT friendly. Une charte qui vise à renforcer encore la lutte contre les discriminations LGBTphobes en associant tous les acteurs (communes, établissements, administrations, entreprises, etc.).

La discussion commence et c’est le conseiller municipal FN (également conseiller régional) Thierry Gourlot qui prend la parole. Il explique qu’il a « du mal à croire que cette Charte participe à la lutte contre les discriminations. » Selon lui, la « liberté sexuelle » est la norme en France et les commerces et les administrations sont ouvertes à tous. « Un commerce n’a pas à être gay friendly, ou hétéro friendly, il est friendly. »

Feignant d’oublier la prégnance de l’homophobie, il qualifie cette démarche de communautariste et s’en prend ensuite à l’association LGBT Couleurs gaies, qui a rédigé cette Charte. Selon lui, « le bleu blanc rouge cher au coeur des patriotes gays et ils sont nombreux ne semble pas faire partie des couleurs de l’association. Il qualifie Couleurs gaies d' »association politisée à l’homophobie partielle. »

Il faut revenir un peu en arrière pour comprendre pourquoi Thierry Gourlot s’en prend particulièrement à Couleurs gaies. En juin 2015, lors de la gay pride de Metz, Couleurs gaies s’en était pris directement au Front National avec une pancarte sur laquelle on pouvait lire: « Florian, Fabien, Steeve et les autres… Toutes les folles ne sont pas au front ».

 

Une référence au numéro 2 du FN Florian Philippot, au maire de Hayange Fabien Engelmann, et au maire de Hénin-Beaumont Steeve Briois. L’association avait outé les trois élus, alors dans le placard, pour, expliquait-elle, dénoncer l’hypocrisie du positionnement politique du FN notamment lors du débat sur le mariage pour tous.

Un an plus tard, le 7 juillet 2016, un mois après l’attaque homophobe d’Orlando qui avait fait 49 morts, Thierry Gourlot s’était à nouveau opposé à la subvention à Couleurs gaies destinées à renforcer les actions du centre LGBT local.

Lors du conseil municipal de la semaine dernière, après les interventions des autres conseillers municipaux de gauche et de droite confondus, tous en faveur de la Charte, Thierry Gourlot est intervenu à nouveau pour citer pêle mêle Maud Marin, auteure trans du Saut de l’Ange, Coccinelle, mariée à un partisan de l ‘extrême droite ou encore un député des droites européennes trans, pour expliquer que ces personnes étaient fières de ce qu’elles étaient sans agiter un drapeau sur un char.
Lors du vote, les quatre conseillers municipaux FN ont voté contre mais la Charte est adoptée. Et Dominique Gros, le maire socialiste de Metz de conclure qu’il signera cette charte « de mes blanches mains ».