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Paris Black Pride, une deuxième édition pour «célébrer les identités LGBTQ afro-descendantes»

Ce week-end, c’est la Paris Black Pride! Créée l’an dernier sur le modèle de la UK Black Pride et du Center for Black Equity, l’association a pour but de célébrer les identités LGBTQ afro-descendantes et d’offrir une visibilité aux personnes racisées LGBTQ.

Au programme de cette deuxième édition, une projection du film Bessie, avec Queen Latifah, sur la chanteuse américaine bi Bessie Smith, et du court-métrage Looking for Langston, du réalisateur gay Isaac Julien, un concert de la chanteuse Immani Love, puis une scène ouverte et enfin une soirée de clôture au Banana Café pour « célébrer l’histoire de la Black Queer Culture qui parcourt les décennies, de New-York à Paris, depuis les années 1890 jusqu’à aujourd’hui ».

Le programme en détail est à consulter sur l’événement facebook.

Créée il y a un an, l’association Paris Black Pride s’installe peu à peu dans le paysage. Outre le week-end de juillet, on a pu voir ses membres participer à des avant-premières de films ou organiser une conférence avec Aides sur la santé sexuelle des HSH noirs. «Aujourd’hui nous sommes en plein travail de suivi à ce sujet pour proposer un plaidoyer et des actions que nous mènerons avec nos partenaires du monde médical et du tissu associatif engagés dans la lutte contre le VIH/SIDA», indique Johan Amaranthe (à droite sur la photo), de Paris Black Pride.

Leur action ne passe pas inaperçue: «Dans une société très divisée sur les sujets sociétaux comme la France, nos combats ne laissent pas indifférents car nous avons autant de supporters que de détracteurs. Évidemment nos détracteurs renforcent finalement notre profonde volonté de faire de l’activisme comme nous l’entendons nous-mêmes.»

Si certain.e.s doutent qu’il y ait du racisme dans la communauté LGBT, ce n’est pas le cas de Paris Black Pride, qui parle d’expérience: «Oui le racisme existe au sein de notre communauté LGBTQI dans son ensemble et nous le combattons, affirme Johan Amaranthe. Ce combat sert également à casser des barrières pour plus de visibilité pour nous LGBTQI afro-descendant.e.s ou racisé.e.s.

Au moment où nous avons lancé notre dernière table-ronde sur la santé sexuelle des HSH noirs, nous avons été traité de communautaristes et d’irresponsables car nous avons décidé de parler de nous et de ne pas laisser quelqu’un d’autre le faire à notre place comme ça a toujours été le cas quand il faut aborder des sujets liés aux minorités.»

Pour autant, Johan Amaranthe estime que la visibilité des personnes noires progresse au sein de la communauté. Il donne comme exemple l’humoriste Shirley Souagnon ou l’universitaire Louis-Georges Tin, fondateur de la journée mondiale contre l’homophobie. «J’ai une pensée également pour la nouvelle génération des LGBTQI noir.e.s et racisé.e.s qui expriment leurs expériences d’être noir.e et LGBTQI en France avec beaucoup de créativité notamment dans la scène Ballroom parisienne. Des personnalités comme Lasseindra Ninja, Steffie Mizrahi, Kiddy Smile sont des véritables fers de lance pour notre communauté grâce au travail important qu’ils et elles font pour bouleverser nos imaginaires», complète Johan Amaranthe, qui n’oublie pas le travail que lui et les autres militant.e.s font: «Et puis il y a nous, les activistes de divers horizons qui souhaitons reprendre la narration de nos expériences sans demander l’avis et l’autorisation à quiconque. Comme disent les anglo-saxons, nous sommes aujourd’hui « unapologetically » gay et noir.e et fabuleux.ses!» 

Cela vaut bien un week-end de célébration.

Photo Nawo Crawford, Ariel Djessima-Taba, Brian Scott Bagley et Johan Amaranthe, par Xavier Héraud

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