jeunes gays VIH
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Santé Publique France s’inquiète de la situation ‘extrêmement préoccupante’ du VIH chez les jeunes gays

Santé Publique France (SPF) a publié mardi les résultats de l’enquête Prevagay 2015, menée par Annie Velter et son équipe. Vous pouvez lire le détail des résultats dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 18 juillet. L’enquête a été menée en 2015 dans une soixantaine d’établissements de convivialité (bars, sex-clubs, saunas) gays à Paris, Lille, Lyon, Nice et Montpellier.

2 646 Hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes [HSH] dont les gays et les bis ont accepté de participer à l’enquête, en remplissant un questionnaire et en déposant quelques gouttes de sang sur un papier buvard.

Parmi ceux-là, la prévalence [ le nombre de cas de maladies à un instant donné ou sur une période donnée] pour le VIH était estimée à 14,3%. Elle variait en fonction des villes. Elle était par exemple moins forte à Lille (7,6%) qu’à Lyon (11,4%), Montpellier (16,9%), Nice (17,1%) ou Paris (16%).

Une bonne nouvelle relevée par l’enquête: parmi les HSH séropositifs, 91,9% étaient diagnostiqués, dont 94,9% étaient sous traitement: «Les deux premiers objectifs de l’ONUSIDA, atteindre 90% de personnes vivant avec le VIH connaissant leur statut sérologique et 90% de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées recevant un traitement antirétroviral durable d’ici 2020, sont quasiment atteints», peut-on lire dans le BEH.

En 2009, une précédente enquête Prevagay avait relevé une prévalence de 18% chez les gays qui avaient participé à l’étude. Mais Prevagay 1 ne concernait que Paris. Parmi les personnes dépistées séropositives, 20% des hommes ignoraient leur statut sérologique. Les chiffres de 2015 montrent donc une situation qui semble aller dans le bon sens.

RESULTATS A RELATIVISER

«Ces résultats positifs doivent être cependant relativisés car ils concernent une population spécifique des HSH. En effet, tous les gays et autres HSH ne fréquentent pas les établissements de convivialité», notent cependant les auteur.e.s de l’enquête. Même si on les relativise, ces résultats n’en ont pas moins du sens.

«En France, dans l’Enquête Presse Gay et Lesbienne 2011 [une enquête sur le web], 78% des HSH actifs sexuellement indiquaient avoir fréquenté au moins une fois un bar, un sauna ou une backroom», est-il écrit dans l’article du BEH. Un chiffre bien supérieur par exemple à celui observé au Royaume-Uni, où une enquête en population générale a montré que seuls 52% des HSH majeurs et actifs sexuellement avaient fréquenté au moins une fois un bar gay.

Autre motif de relativisation: «Les HSH fréquentant les établissements de convivialité et acceptant de participer à ce type d’enquêtes sont ceux qui portent un intérêt aux questions de prévention et, de ce fait, sont probablement plus susceptibles que ceux n’y participant pas de connaitre leur statut sérologique. [Lors de l’enquête Prevagay 2], 50% des HSH abordés ont refusé de participer.»

INQUIETUDE CHEZ LES JEUNES

Au delà de ces limites statistiques, les chercheurs et chercheuses font part de leur inquiétude par rapport aux chiffres chez les jeunes gays, bis et HSH:

«La part des séropositifs parmi les HSH âgés de moins de 30 ans atteint 6%, soit un niveau plus élevé que dans les autres villes européennes. Ceci rend compte de la situation épidémiologique extrêmement préoccupante chez les jeunes HSH en France»

En conclusion, Santé Publique France estime que «ces résultats incitent à poursuivre les actions préventives dans les lieux de convivialité gay» et que la prévalence pour le VIH chez les jeunes HSH «nécessite d’envisager d’autres actions au plus proche de leurs habitudes de vie.»

Image David_Kam_Photography via iStock