castration d'homosexuels
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De nouvelles recherches confirment la castration d’homosexuels en Allemagne bien après la fin du régime nazi

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Jusqu’à la fin des années soixante, la castration d’homosexuels avait lieu en Allemagne de l’Ouest. Ce sont les conclusions horribles de l’historien Jens Kolata, qui a accidentellement découvert de nouveaux cas « d’émasculation volontaire » dans un hôpital pénitentiaire du Bade-Wurtemberg, non loin de Stuttgart.

Entre 1945 et 1969, au moins douze hommes ont été castrés pour leur homosexualité à l’hôpital de police de Hohenasperg près de Ludwigsburg (photo). Le Stuttgarter Zeitung a rendu compte de cette «découverte inopinée» de l’historien Jens Kolata, qui a fait des recherches sur les crimes du national-socialisme à l’Institut d’éthique et d’histoire de l’Université de Tübingen.
Jusqu’en 1969, l’homosexualité en Allemagne de l’Ouest était criminalisée  sous l’infâme Paragraphe 175 utilisé par les nazis pour envoyer des homosexuels dans les camps de concentration en portant le triangle rose pendant la Seconde Guerre mondiale. La loi était encore en place après la guerre avec une peine moins sévère. Mais les homosexuels pouvaient être envoyés en prison pour un maximum de cinq ans pour la soi-disant «fornication non naturelle».

Le fait que des castrations aient été faites à l’époque – surtout sur les délinquants sexuels – n’est historiquement pas une nouveauté. Mais Kolata a trouvé des rapports du psychologue Nikolaus Heim de 1980.

Douze cas de castration d’homosexuels

Ces études montrent douze cas de suivi d’anciens détenus, qui ont été castrés entre 1945 et les années 1960 parce qu’ils étaient homosexuels. Ces castrations  se sont toutes produites dans la prison de Hohenasperg à Ludwigsburg. Interrogé par le journal, le ministère de la Justice du Land, a déclaré qu’il serait très regrettable que ces résultats soient confirmés. « Nous voulons clarifier cela », a déclaré le porte-parole Steffen Tanneberger à Stuttgarter Zeitung.

Dès 1996, une victime anonyme du paragraphe 175 a déclaré, lors d’une émission en direct, qu’il avait été «châtré près de Stuttgart» en 1968: «J’ai été menacé que j’aurai la liberté quand je me serai laissé castrer», a déclaré l’homme qui disait s’appeler Gustav au téléphone.

Selon queer.de, le projet de recherche et de reconnaissance Der Liebe wegen (Promotion pour l’acceptation et l’égalité des droits du Bade-Wurtemberg), veut maintenant rendre les douze cas de castration d’homosexuels accessibles au grand public. Sur la castration des homosexuels, le chef de projet Ralf Bogen a parlé de «révélations totalement nouvelles» au Stuttgarter Zeitung.

Martin Cüppers, qui coordonne un projet de recherche sur la persécution des minorités sexuelles à l’Université de Stuttgart, estime que l’histoire de la persécution gay en Allemagne doit être réécrite, ce qui pourrait également avoir un impact sur le débat actuel sur la réhabilitation et la compensation de la victimes du paragraphe 175.

En octobre dernier, le ministère fédéral de la Justice Heiko Maas (SPD) a présenté un projet de loi pour la réhabilitation des personnes condamnées pour homosexualité consentante après le 8 mai 1945. Le projet de loi est toujours en discussion.