gays afghans
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Le gouvernement britannique dit aux demandeurs d’asile gays afghans de « prétendre être hétéros » avant de les expulser

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Sous la mandature conservatrice de Theresa May, une nouvelle mesure du gouvernement britannique a provoqué l’indignation. Un document daté du mois dernier sur le traitement des réfugiés LGBT explique que les réfugiés gays homosexuels déportés sont invités à «faire semblant d’être hétérosexuels» lorsqu’ils retournent dans leur pays. L’Afghanistan est un pays où il est illégal d’être ouvertement homosexuel.

The Guardian explique que cette nouvelle recommandation est dénoncée par l’unité afghane du Home Office, le ministère de l’intérieur du Royaume Uni, qui a exprimé de sérieuses inquiétudes.

Heather Barr, chercheuse principale à Human Rights Watch, explique au Guardian:

L’approche du Home Office semble être de dire aux demandeurs d’asile: « Faites comme si vous étiez hétéro, retourner à Kaboul et bonne chance ». Vivre une vie où vous êtes obligé de mentir tous les jours sur une partie essentielle de votre identité et avec la peur d’être découvert et harcelé, poursuivi ou attaqué, est exactement le genre de persécution que les lois sur l’asile sont censées empêcher.

Les lignes directrices font valoir que le gouvernement afghan n’a récemment poursuivi personne pour homosexualité. Il précise aussi que les talibans ne menacent pas actuellement la capitale. Ainsi, selon le document, un gay afghan au placard pourrait vivre en toute sécurité à Kaboul.

Les directives des Nations Unies sur les réfugiés sont très claires. Elles spécifient justement que les personnes LGBT ne devraient pas être obligées de changer ou de dissimuler leur identité pour éviter la persécution.

Paul Twocock, directeur des campagnes, de la politique et de la recherche à Stonewall, explique au Guardian: « Ces notes d’orientation du Home Office sur l’Afghanistan semblent contredire directement cela. Elles reconnaissent ouvertement que les personnes LGBT sont à risque, mais qu’elles peuvent très bien échappé à la persécution si elles prennent soin de ne pas attirer l’attention en cachant qui ils sont. »

Deux associations, Stonewall et The Lesbian & Gay Immigration Group, ont récemment publié un document alarmant intitulé No Safe Report. Il porte sur les conditions auxquelles les demandeurs d’asile LGBT sont confrontés au Royaume-Uni. Philip Christopher Baldwin est militant et activiste contre le VIH. Il explique à Gay Times que «les réfugiés LGBT connaissent des abus horribles, que beaucoup de gens dans la communauté LGBT ignorent».