Rouge direct sport homophobie
Rouge direct sport homophobie

Rouge Direct, un collectif lanceur d’alerte pour dénoncer l’homophobie dans le sport

« Ca ne peut plus durer », c’est ce que nous a confié par téléphone Julien Pontes. Cet ancien président de Paris Foot Gay est à l’origine de la création, avec Pascal Brethes, de Rouge Direct, un collectif qui vise à faire bouger les lignes, pas que dans le foot, mais dans tout le milieu du sport amateur et professionnels. L’année dernière, plusieurs événements les ont convaincu qu’il fallait repartir au combat.

Le but de Rouge Direct? Créer un collectif lanceur d’alerte. Il aura pour rôle de transmettre systématiquement aux autorités sportives et aux pouvoirs publics le relevé des injures et des agressions constatés dans et autour des stades.

Un site web a été créé sur lequel on retrouve notamment la profession de foi du collectif:

« Avec ce lanceur d’alerte, nous nous efforcerons de dénoncer, d’informer et d’alerter le plus grand nombre possible de personnes, journalistes, responsables politiques, associations, etc. Nous agirons, comme nous le faisions déjà, afin d’apporter aide et soutien aux personnes victimes de ce qui ne constitue toujours pas une opinion mais bien un délit condamnable, qui n’a sa place ni sur un terrain de sport, ni dans notre démocratie. »

Rouge Direct, inspiré par Act Up

« En lançant Rouge Direct, nous explique Julien Pontes, nous avons beaucoup pensé aux actions coup de poing et au militantisme d’Act Up. Nous ne voulons pas récréer une structure lourde. »
Le Paris Foot Gay avait cessé en octobre 2015 ses activités, à la fois conviviales et aussi militantes. A l’époque, ses dirigeants constataient que rien ne changeait. Mais c’est la multiplication des incidents l’année dernière qui les a décidé à relancer des actions, sous une forme différente.

Après la tuerie homophobe d’Orlando, en juin dernier, qui avait fait 49 morts dans une boite de nuit, deux jours avant l’ouverture de l’Euro a été le déclencheur. En effet, les dirigeants de l’UEFA ont refusé qu’un hommage officiel soit rendu aux victimes, et ceux malgré une pétition signée par des dizaines de milliers de personnes.

Silence assourdissant

Que font les autorités? Les sanctions existent et la loi pénalise les actes et propos homophobes.  Comme c’est le cas au sujet du racisme. Les délits à caractère homophobes sont punis d’amendes allant jusqu’à 22500 euros et six mois de prison. Récemment, un rapport préconisait des sanctions disciplinaires. Celles-ci  pourraient aller  jusqu’au retrait de points et à la tenue de matches à huis clos.

Mais Julien Pontes constate amèrement que rien ne bouge. Il cite deux exemples très récents de ce silence assourdissant des autorités sportives. Aucune sanction n’a été prise par la Ligue de football après les chants homophobes entendus au Parc des Princes le 11 décembre dernier (« Les Niçois, c’est des pédés, c’est des pédés ») ou ceux des Marseillais le 8 janvier incitant à « tuer ces pédés de Toulousains ».

Julien Pontès admet aussi espérer que des joueurs professionnels fasse leur coming-out, ce qui ne manquerait pas selon lui de faire bouger les choses.

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