Des scientifiques font une découverte majeure au sujet du soi-disant « gène gay »

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Une étude récemment publiée dans la revue scientifique américaine Proceedings of the National Academy of Sciences aide à comprendre pourquoi les femmes ayant déjà eu plusieurs fils ont plus de chances d’avoir un benjamin gay. Des résultats qui vont dans le sens de plusieurs recherches antérieures dans le domaine des études sur le « gène gay ».

Pourquoi les hommes ayant des frères aînés ont plus de chance d’être gays

Les scientifiques pensent que plus souvent une femme est enceinte de garçons, plus elle est susceptible de développer des anticorps qui inhibent certaines protéines que l’on retrouve sur les chromosomes Y et qui sont associées au développement du cerveau masculin. Ces protéines, PCDH11Y et NLGN4Y, modifient les structures du cerveau qui peuvent déterminer « l’orientation sexuelle sous-jacente de leurs futurs fils ».

Pour tester leur hypothèse, les chercheurs ont examiné le plasma sanguin de 142 femmes et de 12 hommes âgés de 18 à 80 ans. Parmi les femmes, certaines avaient eu des fils (dont des fils gays pour environ la moitié d’entre elles) et d’autres non.

Les scientifiques ont découvert que les femmes avaient plus d’anticorps contre la NLGN4Y que les hommes. Ils se sont aussi aperçus que les mères ayant des fils gays (et en particulier celles dont les fils gays ont des frères aînés) possédaient un taux d’anticorps contre la NLGN4Y significativement plus élevé que les femmes sans enfant et celles dont les fils sont hétérosexuels.

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Cette étude devra être répliquée afin d’être vérifiée mais elle pourrait aller dans le sens d’une autre étude datant de 2006 qui montre que la probabilité pour un homme d’être gay augmente d’un tiers avec chacun de ses frères aînés (bien que cette étude n’expliquait pas pourquoi).

Les recherches sur le gène gay font progresser l’ensemble de notre connaissance sur la génétique

Cette étude apporte également de l’eau au moulin d’une autre découverte scientifique récente qui montre une différence notable entre les codes génétiques des hommes gays et hétéros. Là aussi, cette étude s’était concentrée sur un brin d’ADN qui joue un rôle dans le développement du cerveau masculin.

Cette découverte appuie enfin la théorie exposée dans une conférence TED de 2016 qui avait beaucoup fait parler d’elle. Selon cette théorie, l’épigénétique – ce qui fait que les mêmes gènes s’expriment différemment en fonction des circonstances extérieures – explique pourquoi les mères qui ont déjà eu des fils ont plus de probabilités d’avoir un fils gay : ce serait pour réduire la compétition entre les frères (pour la nourriture, les partenaires sexuelles…) et ainsi renforcer la santé émotionnelle et la cohésion de la famille.