Le Pen Macron Hamon
Le Pen Macron Hamon

D’après une enquête, les gays voteraient plutôt Le Pen et Macron et les lesbiennes Macron et Hamon

Pour connaître les comportements électoraux des gays et des lesbiennes, le Cevipof* a enquêté en posant la question de l’orientation sexuelle. Parmi les répondants, 89% des répondants se sont déclarés hétérosexuels, 2,9 % homosexuels, 1,7% bisexuels et 1% asexuels. 5,4 % des répondants ont refusé de répondre à la question. L’échantillon étudié comporte finalement 14 762 individus dont 6 108 et 7 884 sont respectivement des hommes et des femmes se déclarant hétérosexuels et 503 et 267 sont respectivement des hommes et des femmes se déclarant homosexuels ou bisexuels.
Ce qui est frappant dans les résultats (voir graphique ci-dessous), c’est la diversité des intentions de vote. Le Cevipof explique que « tous les segments électoraux sont représentés parmi ces électorats, notamment ceux qui, comme le Front national, a priori, n’apparaissent pas comme le réceptacle naturel du « vote homosexuel et bisexuel ». »

 

Selon cet organisme, il est « difficile de soutenir l’hypothèse d’un quelconque comportement communautaire. » Si on regarde les places de chacun.e des candidat.e.s, Marine Le Pen est celle qui recueille le plus d’intentions de vote chez les hommes et quelle que soit leur orientation sexuelle. En revanche, c’est Emmanuel Macron qui est le préféré par les femmes, bien qu’avec des niveaux différenciés suivant l’orientation sexuelle : 26% et 28% des femmes selon qu’elles se déclarent hétérosexuelles ou non.
Il existe cependant des différences notables. La paire Macron-Le Pen est en tête sauf chez les femmes non hétérosexuelles. Ces dernières plébiscitent Emmanuel Macron et Benoît Hamon. C’est également chez les femmes non hétérosexuelles que Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise.

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Le Cevipof propose en conclusion l’analyse suivante:

Loin d’être le déterminant prépondérant des attitudes politiques, l’orientation sexuelle ne produit pas des électorats aux positions politiques radicalement différentes. […] Cependant l’orientation sexuelle a incontestablement des effets sur les intentions de vote, recueillis en mars 2017, pour le premier tour de l’élection présidentielle. Son effet n’est cependant pas constant selon le genre. L’effet est minimum parmi les électeurs non-hétérosexuels et en faveur d’Emmanuel Macron. La crainte d’une éventuelle remise en cause du mariage pour tous ne semble ainsi pas telle dans cet électorat qu’elle le dissuaderait de voter pour les candidats de droite. L’effet de l’orientation sexuelle est, à l’inverse, maximum parmi les électrices non- hétérosexuelles avec un tropisme clairement favorable aux candidats de gauche. L’inclination à gauche de ces électrices est cohérente avec la mobilisation d’une partie d’entre elles sur les enjeux de la PMA et de l’adoption.

 

*Méthodologie : La vague 11bis de l’Enquête électorale française a été réalisée entre le 1er et le 5 mars 2017 auprès de 15 887 personnes interrogées selon la méthode des quotas. Le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) est le laboratoire de référence pour l’étude des attitudes politiques et l’analyse du comportement électoral. De novembre 2015 à juin 2017, le Cevipof déploie un dispositif inédit de recherche et notamment l’Enquête électorale française dans la perspective de l’élection présidentielle de 2017.