SOS Homophobie Macron Inter-LGBT
SOS Homophobie Macron Inter-LGBT

SOS Homophobie appelle à voter pour Emmanuel Macron mais pas l’Inter-LGBT

Deux grandes organisations LGBT. Deux stratégies différentes dans la présidentielle. Si SOS homophobie appelle clairement à voter pour Emmanuel Macron, dans un communiqué rendu public aujourd’hui, celui de l’Inter-LGBT appelle à faire barrage au FN.

Publié le 26 avril, le communiqué de l’Inter-LGBT est lapidaire:

L’Inter-LGBT prend acte avec crainte des résultats du vote des Français-es au premier tour de l’élection présidentielle.

En 2002, la présence du Front national au 2nd tour fut un choc. Cette fois‑ci, bien que pressenti, son score en hausse le rapproche de l’Élysée. La progression et la banalisation de l’extrême droite sont très inquiétantes.

C’est pourquoi l’Inter-LGBT appelle à se mobiliser massivement dès maintenant pour battre les idées du Front National et protéger nos valeurs d’égalité et de justice ainsi que toutes les minorités. Pour l’Inter-LGBT, pas une seule voix ne doit aller à Madame Le Pen.

En expliquant que pas une voix ne doit aller au FN, l’Inter-LGBT peut aussi favoriser le vote blanc, l’absention ou le vote nul qui ne feront que rendre le score de Marine Le Pen plus élevé.

De son côté, après une discussion qui a été longue, SOS homophobie prend position plus clairement.
Extrait de son communiqué intitulé « Contre la haine, pour la République et la préservation des droits et des libertés fondamentales »

[…] Le programme de Marine Le Pen menace directement les droits et les libertés des personnes lesbiennes, gays, bies, trans et intersexes (LGBTI). […] Sa politique annoncée de lutte contre l’immigration rendra extrêmement difficile les moyens de protections des demandeurs/euses d’asile menacé-e-s dans leur pays en raison de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Elle favorisera les comportements racistes, stigmatisants et discriminatoires contre lesquels SOS homophobie milite, notamment au travers de son enquête nationale sur les personnes LGBTI racisées.

Contrairement à Marine Le Pen, le candidat Emmanuel Macron a signé la charte d’engagement pour les personnes LGBTI de SOS homophobie. Il a répondu au questionnaire sur les revendications des LGBTI par une lettre ouverte. Celle-ci n’a pas satisfait SOS homophobie car Emmanuel Macron ne s’engage pas clairement à accorder la PMA pour tou-te-s, il ne se prononce pas sur les droits des personnes trans et sur l’adoption d’une nouvelle loi sur le changement d’état civil, et il ne fait aucune proposition sur les conditions de vie des personnes intersexes. Néanmoins, ce qui importe à ce stade de l’élection présidentielle est de toute autre nature. Nous sommes face à une menace imminente. Il en va de la garantie et de la préservation de nos droits et de nos libertés. Emmanuel Macron est le seul des deux candidat-e-s du second tour qui permettra de les préserver, le seul avec lequel le dialogue restera possible pour continuer à avancer en faveur des droits des personnes LGBTI.

Pour toutes ces raisons, SOS homophobie ne peut pas rester indifférente au risque que Marine Le Pen accède au pouvoir le 8 mai ou qu’elle pèse sur l’échiquier politique en obtenant un score élevé. SOS homophobie appelle donc à faire barrage à Marine le Pen et au Front National en votant Emmanuel Macron, seule stratégie efficace pour défendre les valeurs républicaines et démocratiques et à même de garantir nos droits et nos libertés fondamentales.

 

La prise de position de l’Inter-LGBT a créé la polémique sur les réseaux sociaux, non seulement au regard de l’enjeu actuel mais aussi au vu de ses prises de position passées. En 2002, l’Inter avait appelé à voter Jacques Chirac contre Marine Le Pen. En 2012, au second tour de la présidentielle, l’association appelait à voter François Hollande.

Hier, l’Inter-LGBT, par la voix de sa porte parole Clémence Zamora Cruz, a voulu clarifier les choses. Interviewée hier sur Yagg, elle explique: «Nous sommes une association a-partisane, nous ne pouvons pas appeler à voter explicitement pour un ou une candidat.e.» Interrogée sur l’attitude en 2002 et en 2012, elle se justifie: « La question de l’égalité ne se posait pas en les mêmes termes à l’époque. […] Notre rôle est d’éclairer les choix des personnes qui vont aller voter, grâce au questionnaire et à la charte d’engagement LGBT que nous avons diffusé auprès des candidat.e.s. »
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Faut-il rappeler que Marine Le Pen, si elle était élue, supprimerait le mariage des couples de même sexe et que toutes les revendications LGBT seraient sans doute balayées d’un revers de main?

(Image principale via Inter-LGBT)