Tab Hunter sex symbol Hollywood
Tab Hunter sex symbol Hollywood

Comment Tab Hunter, sex symbol de l’âge d’or d’Hollywood, a résisté à l’homophobie de l’industrie du rêve

Tab Hunter n’est pas mort brutalement dans un accident de voiture comme James Dean, ne s’est pas marié plusieurs fois comme Cary Grant. Il n’a pas non plus été fauché par le sida comme Rock Hudson. Est-ce pour cela qu’au palmarès des gays d’Hollywood, Tab Hunter a longtemps été systématiquement oublié? Un documentaire réalisé par Jeffrey Schwartz (Vito, I Am Divine) répare cette injustice et offre une belle analyse d’une carrière dans le Hollywood homophobe des années 50. Mais est-ce que cela a tellement changé aujourd’hui? Ce n’est pas l’avis d’un des témoins du documentaire qui confie connaître plusieurs acteurs gays au placard.

Revenons à Tab Hunter (de son vrai nom Arthur Gelien). Outre le fait d’être toujours vivant et en bonne forme à 86 ans, Tab Hunter fut une immense star des écrans et des tourne disques dans les années 50 et 60. Un de ses tubes, Young Love, a même été numéro un des charts en 1957, devant Elvis Presley!

 

 

Et s’il faisait craquer les jeunes filles et sans doute pas mal de garçons, c’est pour son extraordinaire beauté, un physique avantageux et un sourire ravageur.

 

Le documentaire qui lui est consacré fait la part belle au témoignage de Tab Hunter aujourd’hui. Hunter raconte qu’il était un enfant introverti, qui allait beaucoup au cinéma et qui, à l’adolescence, commence à se sentir différent des autres garçons de son âge. Il entend des mots comme « queer », « faggot » et il en vient à se « haïr ».

 

Sa plastique fait merveille

Il rejoint les gardes côtes à 15 ans en mentant sur son âge. Puis Tab débarque à Hollywood et Henry Wilson, un agent homo de nombreux jeunes acteurs gays au placard va le prendre dans son écurie. Il obtient un premier rôle en 1952 dans Island of Desire (L’Ile du désir), avec Linda Darnell. Mais la critique est épouvantable. Il enchaîne les rôles où sa plastique fait merveille mais il n’arrive pas à s’imposer comme un bon acteur. IL semble cantonné aux séries B mais sous contrat à la Warner, il connaît quelques beaux succès comme Battle Cry (Le Cri de la victoire) en 1955.

« J’avais la capacité de vivre derrière un mur »

Durant ces années sous les projecteurs, Tab Hunter se plie aux exigences du studio. Le soir, il est toujours au bras d’une jolie starlette ou d’une actrice en vue. Debbie Reynolds témoigne et explique qu’elle sort beaucoup avec le beau jeune premier, mais qu’un photographe est toujours présent. « J’étais naïve, je n’imaginais pas qu’il était gay ». Hunter, lui, confie dans le documentaire: « J’avais la capacité de vivre derrière un mur ».

Dans le très homophobe Hollywood de cette époque, une affaire a failli mettre fin à sa carrière. En 1955, le magazine de ragots Confidential  consacre un article plein de sous entendus à l’arrestation, cinq ans plus tôt, de Hunter pour conduite anormale. Selon le documentaire, le propre agent de Hunter, Harry Wilson, a vendu cette info. Pour protéger son principal client, Rock Hudson, dont l’orientation sexuelle allait être dévoilée par le tabloid.

 

 

 

Mais cette affaire n’aura pas raison de Tab Hunter, qui continue une carrière au cinéma. Il est notamment le partenaire de Nathalie Wood dans plusieurs films. Il a une relation amoureuse (sans doute platonique) avec une actrice française, Etchika Choureau. Cette dernière explique dans le doc qu’elle avait pensé l’épouser.  Mais Tab l’en a dissuadé. Ce dernier confie: « Je savais qu’être avec un homme était un péché et avec une femme un mensonge. »

Partenaire de Divine dans « Polyester »

Il garde cependant un très beau souvenir de sa relation avec Tony Perkins, qui s’est lui marié ensuite. Dans les années 60 et 70, Tab Hunter multiplie les rôles dans des feuilletons télé en direct et des séries B.

John Waters, longuement interviewé, le veut absolument pour interpréter le mari de Divine dans la comédie trash et camp Polyester en 1980. « Je n’ai jamais autant payé un acteur et je pense qu’il n’a jamais été aussi mal payé », explique John Waters. C’est un immense succès suivi quelques années plus tard par Lust in the Dust toujours avec Divine.

 

 

C’est toujours dans les années 80 que Tab Hunter rencontre son compagnon, le producteur Allan Glaser, de 30 ans son cadet, avec qui il vit toujours trente ans plus tard. Aujourd’hui, Tab Hunter vit sa passion pour les chevaux et se confie sans fard. « J’ai appris à être reconnaissant », dit-il pour expliquer aussi sa sérénité retrouvée.

Tab Hunter Confidential, de Jeffrey Schwarz, 90 min, éditions Outplay, 17,99€.