Donald Trump n’aurait pas informé le Pentagone de sa décision d’interdire les personnes trans dans l’armée

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Mercredi matin, le président américain Donald Trump a déclaré sur Twitter que « Le gouvernement des Etats-Unis n’acceptera ni n’autorisera les personnes transgenres à servir dans l’armée des Etats-Unis, à quelque poste que ce soit », en raison du « coût extraordinaire et de la distraction qu’engendreraient la présence de personnes transgenre dans l’armée. »

Cette annonce survient un an après la levée de l’interdiction pour les soldats transgenres par le Pentagone [le siège du ministère de la Défense]. Le projet initial laissait à chaque branche de l’armée un an pour mettre en place cette nouvelle politique et voir ce que cela signifierait en termes de recrutement, d’hébergement et d’uniformes pour les troupes trans. Le ministre de la Défense Jim Mattis a prolongé cette période de six mois en juin 2017.

Voici les tweets de Donald Trump annonçant l’interdiction des personnes trans dans l’armée:

En juin dernier, les Républicains de la Chambre des Représentants ont tenté – sans succès – de revenir sur les règles de l’ère Obama qui obligeaient le Pentagone à prendre en charge les thérapies hormonales ou les opérations de confirmation de genre pour les soldats trans.

La politique officielle concernant les soldats trans est maintenant floue, alors que des milliers de personnes trans sont actuellement en service

On ne sait pas si les tweets de Donald Trump ont été publiés après un accord officiel du Pentagone sur la manière d’intégrer les soldats trans. Selon Skynews, « le Pentagone a renvoyé toutes les questions sur l’annonce de Donald Trump vers la Maison Blanche ».

Selon une étude de la RAND Corporation – un organisme de recherche qui examine les changements dans les politiques publiques – publiée en 2016, on estime qu’il y a entre 1320 et 6620 personnes trans déjà  incorporées dans l’armée. Le Centre National pour l’Egalité Transgenre situe ce nombre autour des 15 000.

On ne sait donc pas si l’armée va commencer à exclure les soldats identifié.e.s comme trans ou si elles/ils devront retourner au placard comme l’ont fait les gays, les lesbiennes et les bisexuel.le.s à l’époque de « Don’t Ask, Don’t Tell », la politique qui interdisait aux personnes LGB d’évoquer ouvertement leur orientation sexuelle, qui a duré de 1994 à 2011.

GLAAD qualifie les tweets de Donald Trump d' »attaque directe contre les Américain.e.s transgenres. »

Dans un communiqué publié ce matin, l’association Gays and Lesbians Allied Against Defamation (GLAAD) a qualifié les tweets de Donald Trump d' »attaque directe contre les Américain.e.s transgenres », ajoutant:

« Depuis l’arrivée au pouvoir du président Trump, le gouvernement n’a reculé devant rien pour éradiquer toute reconnaissance des personnes LGBTQ dans les politiques fédérales. Cela inclut la nomination du gouvernement le plus anti-LGBTQ connu de mémoire récente, l’effacement de toute mention « LGBTQ » des sites du gouvernement et la fin d’une politique de protection des étudiant.e.s trans à leur école. »

L’association American Civil Liberties Union (ACLU) a demandé aux militaires trans de les contacter si les tweets de Trump ont un impact négatif sur leur service.

Chad Griffin, président de l’association Human Rights Campaign (HRC) – la plus importante association LGBT américaine – a déclaré sur Twitter:

« Plus de 15 000 Américain.e.s trans servent déjà notre pays avec courage. En les attaquant, Donald Trump, mine les efforts de notre armée. Je connais des soldat.e.s et des vétéran.te.s trans qui ont fait plus pour servir leur pays que Donald Trump tout au long de sa vie. »

Les voyages de Trump vers sa résidence de Floride coûtent plus que ce qu’une assurance santé de l’armée coûterait

Actuellement, 18 autres pays, dont l’Australie, la Bolivie, le Canada, la République Tchèque, l’Allemagne, Israël, les Pays-Bas, la Nouvelle Zélande, l’Espagne, la Suède et le Royaume Uni, autorisent les personnes trans à rejoindre l’armée et à la servir.

Le rapport de la RAND Corporation cité plus haut a observé que l’intégration des soldat.e.s trans avait « peu ou aucun impact sur la cohésion d’une unité ou l’efficacité opérationnelle » parce que les soldat.e.s trans (et les coûts de leur assurance santé) représentent une part infime de tout l’effectif militaire et de son budget.

Le Daily Dot signale que les week-ends de Trump à son country club de Mar-a-Lago pour jouer au golf coûtent plus que les dépenses qu’engendreraient une assurance santé pour les personnes trans. Une telle assurance coûterait entre 2,4 et 8,4 millions par an. En comparaison, « les voyages de Trump à sa résidence de Floride ont déjà coûté environ 21,6 millions de dollars au contribuable pendant les 80 premiers jours de sa présidence. »

Photo:  by DanielBendjy via iStock

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