Comment s’affirmer en tant que gay quand ce mot n’existe pas dans votre langue ?

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Cette histoire d’homophobie en Inde nous a été transmise par un utilisateur d’Hornet via notre plateforme dédiée. Vous aussi, envoyez-nous vos récits et témoignages (plus d’informations ici).

Je viens d’une région tout au sud de l’Inde, dont les habitants sont réputés pour leur culture et leurs traditions. Et tout ce qui va à l’encontre de ces traditions millénaires est considéré comme une mauvaise chose. Même si la mondialisation et l’éducation changent la façon dont les gens voient le monde, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant que l’homosexualité soit acceptée partout.

Dans la vie des personnes LGBT, s’affirmer en tant que queer est l’une des choses les plus difficiles qui soit. Mais c’est encore plus dur quand vous avez grandi dans une société profondément homophobe.

En ce qui me concerne, j’ai eu du mal à m’accepter moi-même. C’était une lutte entre mon cœur et mon esprit. J’avais l’impression d’être le seul gay au monde. Et je suis toujours dans le placard. Même si j’avais le courage d’affirmer fièrement « je suis gay », mes parents me demanderaient : « qu’est-ce que ça veut dire ? ».

Car pour compliquer encore la situation, il n’y a pas de mot dans ma langue maternelle pour désigner l’homosexualité. C’est si absurde que je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer.

india homophobia signPhoto par Mohd Zakir pour le Hindustan Times (via Getty Images)

Le pire, c’est que je n’arrive pas à me défaire de l’impression qu’on me prive de mon droit le plus basique : celui de vivre et d’aimer.

Les personnes LGBTQ ont déjà du mal à s’accepter eux-mêmes et à se définir en tant que telles. Mais en plus, voilà qu’en 2013 la Cour suprême de l’Inde a re-criminalisé l’homosexualité (qui avait été légalisée en 2009). C’est tristement ironique de penser que notre gouvernement est censé être « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».

Je vis dans une société très patriarcale, dominée par les hommes. Les problématiques LGBTQ sont tout sauf prioritaires. Les jeunes queers vivent dans la peur de subir un « viol correctif » ou d’être harcelés sexuellement si ils s’affirment.

Je suis convaincu que toute forme d’amour est d’essence divine. L’amour est la force qui régit tout l’univers. J’espère que cette force rendra le monde meilleur pour chacun de nous, y compris pour les personnes comme moi. J’espère seulement que les gens comprendront rapidement qu’on ne choisit pas qui on aime. Quand nous aurons appris à accepter chacun comme il est, alors nous nous dirigerons vers un avenir harmonieux et merveilleux.

 

Vous aussi, vous avez été confronté à l’homophobie ? Faites-le savoir en nous envoyant votre témoignage.

Dans le cadre de notre campagne #DecriminalizeLGBT, Hornet met en lumière les expériences des personnes affectées par des lois homophobes, lesbophobes ou transphobes. Les personnes LGBT sont criminalisées dans plus de 70 pays à travers le monde. Les gouvernements se montrent de plus en plus hostiles à l’égard de la communauté LGBT. Des gens sont arrêtés, torturés et tués. Le combat pour les droits LGBT n’est pas fini, mais en nous organisant, en militant et en nous faisant entendre, nous vaincrons.

Hornet collabore avec MSMGF pour recueillir différents témoignages en provenance de nos communautés. MSMGF est une organisation à la pointe du combat contre les lois LGBTphobes et leurs conséquences délétères sur la santé des hommes gays.