Après une enquête de Mediapart, la direction du Refuge se met en retrait

Après une enquête de Mediapart, la direction du Refuge se met en retrait

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Dans un communiqué, Nicolas Noguier (photo) et Frédéric Gal, respectivement président et directeur général du Refuge ont annoncé se « mettre en retrait » de l’association après une enquête de Mediapart qui les mettait en cause sur plusieurs points.

Pour Mediapart les journalistes David Perrotin et Youën Tanguy ont interrogé des dizaines d’anciens salariés et bénévoles du Refuge, ainsi que des jeunes accueillis par l’association. Ces témoignages ont permis de mettre en lumière un sérieux problème de gouvernance au sein de l’association fondée par Nicolas Noguier  à Montpellier en 2003: management brutal, manque de distance avec les jeunes (Nicolas Noguier se fait appeler « Papa » par certains résidents), suivi des jeunes « dangereux » et non-professionnel, comportements s’apparentant à du harcèlement sexuel, gestion financière qui pose question…

Un audit sera réalisé en janvier

« Peut-être que la mobilisation permanente des équipes n’a pas laissé assez de temps pour professionnaliser notre structure comme il l’aurait fallu. Peut-être ne sommes-nous pas encore assez formé.e.s sur les questions relatives à la transphobie. », peut-on lire dans le communiqué du Refuge, signé par le Conseil d’administration.

Ce dernier indique également avoir demandé « à ce qu’un audit soit réalisé en janvier par un cabinet extérieur. », portant « sur trois volets : la gouvernance, les finances, les relations avec les bénévoles et les jeunes accueilli.e.s. » Les conclusions de cet audit seront rendues publiques.

Le communiqué précise enfin que « dans l’attente, et afin que l’audit puisse être mené dans la plus grande sérénité possible, le président et le directeur général ont proposé au Conseil d’administration de se mettre en retrait. Leurs fonctions seront assurées collégialement par le Conseil d’administration pendant ce temps. » Les conclusions de cet audit seront rendues publiques.

Les révélations de Mediapart ont pour l’instant suscité peu de réactions des pouvoirs publics, qui financent en partie la Fondation. Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a déclaré qu’il suspendait la subvention de la ville en attendant des explications. Le directeur de la Dilcrah, Frédéric Potier, a affirmé au Huffington Post qu’un courrier a été envoyé au Refuge pour une demande d’explications et qu’il aura un entretien téléphonique avec les dirigeants dans la semaine.

Ce n’est pas la première fois que le comportement des dirigeants de l’association devenue fondation est pointé du doigt. Le journaliste David Perrotin avait déjà signé en 2016 une enquête pour Rue89 qui évoquait les « coulisses gênantes » du Refuge. Deux ans auparavant, plusieurs responsables d’associations LGBT avaient critiqué dans une tribune le « sensationnalisme » du Refuge.

Photo: Xavier HÉRAUD

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