Centre d’Archives LGBQI: le ministère de la culture répond au député Raphaël Gérard

Centre d’Archives LGBQI: le ministère de la culture répond au député Raphaël Gérard

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Rien de nouveau sous le soleil pour le projet de Centre d’Archives LGBT? Le ministère de la Culture a répondu à une question écrite du député LREM Raphaël Gérard à ce sujet, et le moins qu’on puisse dire, c’est que la réponse n’est pas de nature à faire avancer le dossier…

Dans le courrier qu’il a fait parvenir au ministère, le député de la Charente Maritime écrit:

« Contrairement à plusieurs pays européens à l’instar de l’Allemagne ou des Pays-Bas, la France ne dispose pas, à ce jour, de centre national d’archives dédié à l’histoire des luttes LGBT. Cette absence conduit à une dispersion des archives entre les acteurs associatifs qui sont récipiendaires de legs, les Archives nationales qui possèdent, notamment, des fonds privés issus des associations Aides et Act Up d’avant 2014, ou encore les archives départementales qui conservent les éléments relatifs à la répression. Cet éclatement de la conservation des éléments structurant de l’histoire des luttes LGBT nuit à l’accessibilité de ces documents et à leur valorisation, dans le cadre de programmes culturels, scientifiques ou éducatifs. »

Pour le député, « la création d’un centre d’archives communautaire apparaît comme une manière de poser les premières bases d’une politique mémorielle, en créant un lieu d’archives vivantes où la conservation du patrimoine archivistique serait mise au profit d’une meilleure transmission de l’héritage culturel lié à l’histoire des homosexualités et des transidentités en France au moyen d’expositions, de séminaires, de podcast permettant de sensibiliser le public et une coopération renforcée en matière de recherche au niveau international. »

Raphaël Gérard conclut en demandant au ministère de la Culture comment il compte soutenir le projet.

Le député LREM Raphaël Gérard.

« Tête de réseau »

Dans sa réponse le ministère dirigé par Roselyne Bachelot affirme qu’il a « proposé d’ériger ce centre d’archives et de mémoires en « tête de réseau » national, qui aurait pour mission de sensibiliser les détenteurs d’archives privées, de guider les donateurs ou déposants vers les institutions de conservation les plus adaptées, de proposer des guides des sources et outils d’orientation et de valoriser les mémoires LGBT par des expositions, manifestations, colloques, etc. »

Pour le ministère l’Etat doit garder la main sur le projet et juge « préférable que la conservation des archives et de la documentation déjà collectées ou qui le seront par l’action du centre d’archives et de mémoires LGBT incombe, comme c’est le cas jusqu’à présent, aux institutions publiques déjà existantes, qui disposent de locaux adaptés, de normes communes et de personnels qualifiés et dont la présence sur tous les territoires permet une répartition adaptée des fonds d’archives collectés selon leur thématique, leur origine géographique, ou encore l’écho qu’ils offrent avec des fonds publics – rapprochements qui ne peuvent qu’être profitables à la recherche historique et à la transmission citoyenne. »

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Une méthode de travail rejetée par le Collectif Archives LGBTQI

Cette méthode de travail est rejetée par le Collectif Archives LGBTQI, qui milite pour un Centre d’archives géré entièrement par la communauté, comme le réitère dans une tribune datée du 8 janvier publiée par Libération et co-signée par 45 Centres d’archives LGBT ou féministes dans le monde.

L’autre point de blocage concerne la question du local. La mairie de Paris a proposé un local de 500 mètres carrés rue Mahler, dans le Marais. Le collectif Archives LGBTQI+ le considère comme inadapté principalement en raison du risque d’inondation auquel il est exposé.

Le projet de Centre d’Archives, discuté depuis le début des années 2000 et le premier mandat de Bertrand Delanoë, est l’une des priorités affichées de Jean-Luc Romero-Michel, le nouvel adjoint chargé de la lutte contre les discriminations à la mairie de Paris. Mais dans une interview à Komitid  publiée en octobre dernier il estimait que la ville seule ne pouvait supporter les coûts, estimés à 500 000 euros par an, du projet et que l’Etat devrait mettre la main à la poche. Il réaffirmait également la légitimité du Collectif Archives LGBTQI pour piloter le futur Centre.

Photo: Conférence de presse du Collectif Archives LGBQI au Centre LGBT de Paris. Xavier Héraud.

 

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