gay games Paris 2018
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Gay Games à Paris: 100 jours « pour que l’événement se concrétise »

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J-100 avant les Gay Games! Comme le dit Manuel Picaud, co-président de Paris 2018, « on entre maintenant dans la dernière ligne droite ». « Il faut mobiliser toutes les forces pour que l’événement, qui se tiendra dans la capitale du 4 au 12 août prochain, se concrétise ».

Il y a pour l’instant 8300 inscrits individuels à la trentaine de sports proposés. Paris 2018, dont le slogan est « All Equal », visait un objectif ambitieux de 15 000 participants. On devrait être autour de 10 000. Un chiffre qui s’approcherait de l’édition record de Sydney, avec ses 11 000 sportifs. « La scission avec les Outgames a impacté les éditions suivantes », note Manuel Picaud [la scission a eu lieu à l’occasion des jeux de 2006, qui devaient initialement se tenir à Montréal]. Il y avait environ 6000 participants à Cleveland en 2014 et 9000 à Cologne, en Allemagne, en 2010.

Manuel Picaud, co-président des Gay Games

Certains sports sont complets, ou quasi-complets comme le Golf ou le Tennis et les sports individuels, comme la course ou la natation sont très populaires. « Les sports d’équipe sont plus en retard. Il est plus difficile de constituer une équipe. », note Manuel Picaud.

Paco (ci-dessous, à gauche), lui, sera aligné en lutte, un sport qu’il ne pratique que depuis septembre 2016. Un engagement récent qu’il l’a fait hésiter à s’inscrire: « La première fois que j’ai entendu parler des Gay Games, je me suis dis que ce n’était pas pour moi, que je n’étais pas encore prêt à faire une compétition. Puis après pas mal d’encouragements de mon club, Paris Lutte, et de mon entourage, je me suis dit, pourquoi pas ? Un événement International se passant à Paris, c’est vraiment une occasion en or à ne pas rater! »

Paco et Anthony, de Paris Lutte

Au mois d’août, Paco vise « la victoire bien évidemment ! », dit-il en riant. « J’aime la compétition, ajoute-t-il. Mon entourage me connait un peu (beaucoup) mauvais perdant mais je ferai en sorte de profiter un maximum de ce moment unique, même si je perds. »

Lors des jeux, il espère faire « de belles rencontres sportives qui pourront durer dans le temps », mais il espère surtout que cette dixième édition des Gay Games « sera bénéfique à toute la communauté LGBT »

Si vous n’êtes pas encore inscrit.e., vous avez jusqu’au 30 juin pour le faire.

Un budget de 5,2 millions d’euros

Organiser un tel événement nécessite un solide financement, on s’en doute. Selon Manuel Picaud, le budget à équilibrer se monte à 5,2 millions. Cela semble beaucoup, mais bien dérisoire face aux milliards dépensés pour les Jeux Olympiques. Pour Paris 2018, les ressources proviennent des partenaires publics (l’Etat, la Région, la Ville de Paris) pour 1,4 millions, des sponsors privés (BNP Paribas, Franprix, etc.) pour 1,2 millions , de l’inscription des sportifs et enfin de la billetterie pour les différents événements (cérémonies d’ouverture et clôture et soirées). Manuel Picaud, ancien banquier, se dit « confiant ». « Nous finalisons les discussions pour les subventions et le sponsoring des entreprises », assure-t-il.

Depuis le début, l’équipe de Paris 2018 a à coeur de montrer qu’un fiasco comme celui des OutGames de Miami — annulés à seulement deux jours de l’événement —  n’est pas à l’ordre du jour. Une inquiétude régulièrement évoquée par les joueurs et joueuses inscrit.e.s.

Paris 2018 a besoin de 3000 bénévoles

Au delà des participants, le défi va être maintenant de réunir assez de bénévoles pour faire tourner les différentes compétitions. C’est peut-être d’ailleurs le chantier principal de ces 100 derniers jours. Il en faudrait 3000. Une section du site a été ouverte pour recruter.

Amar Boudi, membre de l’association Entre 2 Basket est engagé comme bénévole depuis le premier jour. Aujourd’hui directeur des participants France pour Paris 2018, il se souvient du « choc » qu’il a ressenti lors de sa participation aux Gay Games de Cologne. « Le défilé reste une des images les plus marquantes avec des amis en drag bleue blanc rouge, mais aussi d’autres délégations hautes en couleurs comme les thaïlandais, les brésiliens, les américains, etc. C’etait impressionnant tous ces mélanges de cultures, de tenues, de nationalités, de visages… C’était bon enfant et les gens se parlaient comme si ils se connaissaient depuis toujours. »

A Cleveland, Amar a « été » scotché par la vidéo de Barack Obama, qui souhaitait la bienvenue aux participants. »Mais ce qui m’a le plus marqué de ces expériences ce sont les bénévoles qui ont rendu possible les gaygames, leur sourire leur bienveillance leur générosité… et si je suis autant engagé dans l’événement c’est pour partager cet « esprit » Gay Games ».

Enfin, Amar espère que les Gay Games permettront également « d’attirer les regards sur l’homophobie dans le sport. « On l’oublie souvent mais elle existe », insiste-il. A titre personnel elle m’a empêché d’intégrer un club dit « classique » et je n’ai donc pratiqué le basket qu’avec des amis en loisir les week-ends ou pendant les vacances et cela en dehors des clubs. Cela restera une frustration pour moi. »

Plusieurs conférences sur l’homophobie dans le sport seront d’ailleurs organisées le 17 mai, pour la journée mondiale contre le LGBT-phobies, et du 1er au 3 août, juste avant l’ouverture officielle. Parce que le sport peut, et sans doute doit, aussi changer la vie.

Hornet, sponsor de la Team France, vous fera bien entendu suivre l’événement au plus près.

Photos par Xavier Héraud