Harvey Milk est mort il y a 40 ans

« Si une balle devait pénétrer mon cerveau, faites que cette balle détruise les portes de tous les placards », a dit un jour Harvey Milk, mort il y a exactement 40 ans, le 27 novembre 1978.

Le conseiller municipal de la ville de San Francisco a été assassiné en même temps que le maire de la ville, George Moscone, par un autre conseiller municipal, Dan White.

Né en 1930 dans l’Etat de New York, il s’engage d’abord dans la Marine, puis travaille à Wall Street. D’abord très conservateur, il devient peu à peu progressiste et déménage à San Francisco en 1972, où il ouvre avec son compagnon Scott Smith une boutique de photo, Castro Camera, dans le quartier gay de la ville. Il s’engage alors aux côtés des commerçants locaux et de la communauté LGBT de la ville. Après deux tentatives infructueuses, il est élu conseiller municipal de San Francisco en 1977. Il est alors l’un des premiers élus ouvertement gay du pays.

Son meurtrier fut reconnu coupable d’homicide involontaire, et non de meurtre, et n’écopa que de sept ans et huit mois de prison. Ce verdict clément suscita la fureur de la communauté LGBT et entraîna une nuit d’émeutes connue sous le nom de White Night Riots.

La vie et la mort d’Harvey Milk ont inspiré plusieurs œuvres majeures: le livre Harvey Milk, le maire de Castro Street, par le journaliste Randy Shilts en 1982, le documentaire The Times of Harvey Milk, de Rob Epstein en 1984, et le film Milk, de Gus Van Sant en 2008, avec Sean Penn dans le rôle du militant gay.

En 2009, le président Barack Obama lui a remis à titre posthume la Presidential Medal of Freedom, l’un des plus grands honneurs du pays, pour sa contribution à la lutte pour les droits LGBT.

Son neveu Stuart Milk, également gay, continue aujourd’hui à faire vivre les combats de son oncle à travers la Harvey Milk Foundation.

« Oncle Harvey a prédit son propre assassinat et nous a laissé ces mots [la citation sur la balle qui entrerait dans son cerveau], il y a 40 ans, pour que nous puissions vivre en toute liberté et avec authenticité. Son rêve de visibilité vit chez tous ceux qui enlèvent les masques que cette société pleine de préjugés voudrait nous faire porter. Merci Oncle Harvey », a-t-il écrit sur Twitter.

Photo par Daniel Nicoletta