Landes: la victime étant hétérosexuelle, la gendarmerie ne retient pas le caractère homophobe des insultes

Sur leur page Facebook, l’association LGBT landaise Les Gascons affirme avoir été contactée le 14 avril dernier pour des tags à caractère homophobe dans le village de Luglon. Selon le site France Bleu, un homme de 60 ans découvre un jour en promenant son chien des tags « Mec au chien PD » sur tout son trajet habituel, jusque devant son domicile.

Selon les Gascons, l’homme aurait contacté la Gendarmerie, qui n’aurait pas retenu le caractère homophobe de sa plainte car il est hétérosexuel. « Nous souhaitons rappeler à la Gendarmerie des Landes, qui aurait refusée le motif de plainte pour insultes avec caractère aggravant d’homophobie sous prétexte que la victime n’est pas homosexuelle, que sont considérées légalement comme de l’homophobie toutes les manifestations de mépris, rejet, et haine envers des personnes, des pratiques ou des représentations homosexuelles ou supposées l’être. », écrit l’association sur Facebook.

L’association a raison, ce sont exactement les termes de l’article 132-77 du code pénal, qui punit les propos homophobes:

« La circonstance aggravante définie au premier alinéa est constituée lorsque l’infraction est précédée, accompagnée ou suivie de propos, écrits, utilisation d’images ou d’objets ou actes de toute nature portant atteinte à l’honneur ou à la considération de la victime ou d’un groupe de personnes dont fait partie la victime à raison de leur orientation sexuelle vraie ou supposée. »

France Bleu signale que les tags ont vite été effacés sur les routes, mais demeurent sur les poteaux, deux mois plus tard. La victime veut désormais faire reconnaître le caractère homophobe des insultes, avec l’aide des Gascons.

Pour le président de l’association landaise, Mickaël Ollier, contacté par Hornet, ce type d’affaire n’est pas très courante dans le département: « Nous en avons quelques unes [affaires de ce types] mais ça va très rarement jusqu’à là et les personnes vont rarement jusqu’au dépôt de plainte. », explique-t-il.