James Dean
James Dean

James Dean aurait eu 87 ans aujourd’hui, mais il est éternel

On ne saura jamais comment James Dean aurait vieilli, lui qui fêtait en ce 8 février ses 87 ans. L’acteur le plus magnétique des années 1950, le sex-symbol d’une jeunesse en pleine émergence dont il était l’étourdissant symbole, est mort en pleine gloire à 24 ans à peine au volant d’un de ces bolides qu’il affectionnait tant, laissant derrière lui trois films incandescents et une réputation sulfureuse.
Car ce qui fascine chez Dean, c’est cet ensemble composite d’innocence et de mystère, de tragédie et de génie, de timidité et de sexualité. Etait-il gay ? Etait-il hétéro ? Etait-il bi ? Tout a été écrit, et le contraire de tout. Qu’il avait aimé des actrices d’un amour pur et romantique. Qu’il aimait que ses amants écrasent sur lui leurs cigarettes, au point d’être surnommé le cendrier humain. Qu’il avait aimé Marlon Brando d’une passion sans retour. Qu’il avait été fiancé avec la jolie italienne Pier Angeli. La vérité est qu’on n’en sait rien, qu’on n’est en tout cas sûr de rien, même si Elizabeth Taylor — qui fut sa partenaire dans le film Géant et dont on sait qu’elle fut l’amie la plus fidèle de tous les gays d’Hollywood — a parlé de lui lors d’un gala de lutte contre le sida comme d’un homosexuel, ce qui est tout de même un signe…

Jimmy est d’abord et avant tout un fantasme sur lequel chacun peut projeter les siens. Le fantasme de la jeunesse éternelle, de la révolte adolescente, de la liberté absolue, de la beauté. Il est cette Fureur de vivre donnant son titre au chef-d’œuvre de Nicholas Ray qui a fait de lui une star éternelle en 1955. C’était juste avant sa mort. Géant, dont il partage l’affiche avec Liz Taylor et Rock Hudson — quelle conjugaison de talents gays et gays friendly ! —, sortira de manière posthume.

Comme peu d’autres, James Dean est un météore qui a fracassé les cœurs. Il est entré dans le ciel d’Hollywood et, en trois rôles à peine (les deux déjà cités et celui du fils se heurtant à son père dans A l’est d’Eden), il a tout bouleversé : son apparition ringardise immédiatement les acteurs existant avant lui, et plus jamais, après son passage, les images de la jeunesse américaine ne seront les mêmes. Son tee-shirt blanc, son blouson rouge, son jean moulant, son attitude rebelle, sa lippe boudeuse, sa mèche romantique… Il impose un look, une apparence, que le monde entier va imiter, et qui va essaimer sur des milliers et des milliers de posters épinglés dans des milliers et des milliers de chambres de filles et de garçons. Jimmy est un érotisme que tous partagent. Une soif d’absolu. C’est comme si avant lui l’adolescence n’avait pas existé. Et c’est sans doute en partie la réalité.
Jimmy est le symbole d’une époque, d’un temps prospère où les adultes durent enfin faire un peu de place aux désirs de leurs enfants, où ceux-ci créèrent leur propre culture et l’imposèrent aux yeux de tous. James Dean, c’est le petit frère de Marlon, le cousin d’Elvis, le jumeau de Marilyn, c’est le temps de l’insouciance, du rock et de l’actor’s studio.

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L’actor’s studio, oui, bien sûr, cette école de théâtre qui, dans ces années d’après-guerre, révolutionna le jeu des acteurs en les poussant à ressentir les émotions qu’ils devaient transmettre, cette école où passèrent tous les grands noms pendant plusieurs décennies. Et Jimmy en fut. Car en plus de tout ce qu’on a déjà dit, Jimmy n’était pas qu’une belle image, c’était un sacré acteur, à l’implication folle dans ses personnages, à l’intensité incroyable, qui transperce l’écran et qui se ressent encore aujourd’hui lorsqu’on revoit ses films.

James Dean est mort un triste jour de 1955. Mais Jimmy est éternel.