Komitid
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Komitid, un nouveau souffle pour la presse LGBT?

La date n’était pas choisie au hasard. Le site Komitid, un nouveau média LGBT+, s’est lancé hier 23 avril, cinq ans jour pour jour après le vote du mariage pour tous.

En une du site, une enquête sur le marché du mariage homo, une interview d’un couple gay ayant adopté un enfant, un sujet intitulé « À quand un Mois de l’histoire LGBT+ en France ? », et beaucoup d’autres.

Avec une rédaction paritaire de six journalistes — qui compte notamment Maëlle Le Corre, ancienne rédactrice en chef adjointe du média LGBT Yagg, le site a pour ambition de couvrir toute l’actualité LGBT+ française et internationale, et de proposer divers formats, y compris de la vidéo.

Olga Volfson (photo, tout à droite), l’une des journalistes — qui tient également le blog L’utoptimiste, se dit ravie de « l’accueil enthousiaste » reçu depuis hier. « Cela représente beaucoup de travail en amont, presque trois mois de rédaction. C’est l’aboutissement d’un travail collectif », ajoute-t-elle.

Sur la ligne éditoriale, Olga Volfson explique que Komitid va essayer de trouver « un équilibre entre le très grave et la légèreté ou la joie. » « Pas que des agressions, pas que du lol », résume-t-elle d’une formule. L’actualité nationale, à Paris et en région, ainsi que l’actualité internationale seront couvertes.

L’équipe relativement jeune veut faire un « média incarné », afin de « tisser du lien avec les lectrices et les lecteurs ». C’est d’ailleurs le plus jeune journaliste, Philippe Peyre, qui a trouvé le nom, qui est une référence à la chanson  Committed to the cause de The Radio Dept, écrivait Buzzfeed il y a quelques jours.

Komitid est édité par l’entreprise Connection

Komitid est édité par l’entreprise parisienne Connection spécialisés dans les services informatiques et de téléphonie, qui existe depuis 35 ans.

« Connection a toujours eu une certaine appétence pour les médias, via son ancien président, explique Jean-Benoît Richard, le rédacteur en chef de Komitid (photo, deuxième en partant de la droite). L’entreprise a investi dans différents médias, Mediapart, Yagg, Terra Eco. Lorsque nous avons repris l’entreprise (suite au départ du président), nous avons proposé aux actionnaires de mettre la main à la pâte ». « Connection propose d’autres services dans le domaine du numérique. Cela nous permettait de diversifier nos activités. », complète-t-il. Jusqu’ici, l’entreprise éditait par ailleurs le site gaypride.fr, où l’on trouvait déjà un certain nombre d’infos sur la vie LGBT.

Le modèle économique de Komitid est celui du freemium. Une partie du contenu est proposé gratuitement, et les articles plus longs ou ayant nécessité un travail d’enquête sont en accès payant. L’abonnement est à 4,5 par mois ou 40 euros pour un an. Pour l’instant l’équipe ne souhaite pas communiquer sur ses objectifs en nombre d’abonnés.

« Nous ferons aussi appel à de la publicité », complète Jean-Benoît Richard, même s’il reconnaît que « le marché de la publicité est très versatile et permet de moins en moins de financer des choses. » L’entreprise se donne deux ans pour réussir son pari.

Komitid se lance dans un contexte particulier pour la presse LGBT française. Têtu a été liquidé pour la seconde fois en trois ans, Yagg, dont la ligne éditoriale était proche de Komitid s’est arrêté fin 2016 (mais reste en ligne). Il ne reste que Jeanne Magazine, Garçon Magazine ou quelques gratuits comme Hétéroclite. Et… Hornet, bien sûr!

Photo par Marie Rouge

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