Le Refuge: Nicolas Noguier et Frédéric Gal vont quitter leurs fonctions

Le Refuge: Nicolas Noguier et Frédéric Gal vont quitter leurs fonctions

Be first to like this.

Nicolas Noguier (photo ci-dessus) et Frédéric Gal, respectivement président et directeur général de la Fondation Le Refuge, vont quitter leurs fonctions. L’audit réalisé gracieusement par le Boston Consulting Group (BCG) a été présenté hier au Conseil d’administration du Refuge, qui l’a immédiatement rendu public. Le rapport, commandé après une enquête accablante de Mediapart, étrille la gestion de la Fondation et propose de nombreuses améliorations structurelles et une clarification de la gouvernance.

Dans un communiqué de presse, le conseil d’administration du Refuge « [présente] ses excuses » et dit « avoir une pensée pour toutes les personnes, jeunes, bénévoles, salarié.e.s, qui ont pu se sentir blessé.e.s, mal accueilli.e.s, ou mal considéré.e.s ». Le communiqué précise que Nicolas Noguier a présenté sa démission, et qu’ »Il reviendra au/à la nouveau.elle Président.e d’engager le recrutement d’un.e nouveau.elle directeur.rice général.e », entérinant ainsi le sort de Frédéric Gal.

Dans un tweet, Elisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, « prend acte de la démission » de Nicolas Noguier et estime l’exemplarité de la fondation a été « entachée ».

Un signalement effectué auprès du Procureur

Les témoignages recueillis par Mediapart faisaient état d’un management brutal, d’un manque de distance avec les jeunes (Nicolas Noguier se fait appeler « Papa » par certains résidents), d’un suivi des jeunes « dangereux » et non-professionnel, et de comportements s’apparentant à du harcèlement sexuel.

Réalisé en un mois, l’audit n’a pu brosser qu’un tableau rapide de la Fondation du Refuge et s’est arrêté sur les problèmes structurels. Toutefois, il est spécifié en préambule qu’ »un certain nombre de faits graves ont été portés à l’attention de notre équipe lors de l’établissement du diagnostic.(…) Nous avons invité les personnes concernées à saisir notamment les autorités judiciaires. Dans ce cadre, un signalement a déjà été effectué par Le Refuge auprès de Monsieur le Procureur de la République de Montpellier. »

Frédéric Gal, directeur général du Refuge. 2015.

Le ressenti des salarié.e.s et bénévoles jugé « alarmant »

Créé en 2003 par Nicolas Noguier, le Refuge compte aujourd’hui 29 salarié.e.s et 450 bénévoles.

Le BCG juge « alarmant » le ressenti des salarié.e.s et des bénévoles et relève que 52% des salarié.e.s estiment que leur charge de travail n’est pas soutenable dans le temps ; 60% des salarié.e.s ne se disent pas heureux au travail et 30% des bénévoles ont le sentiment que leur contribution n’est pas valorisée.

Par conséquent, le BCG juge nécessaire de professionnaliser l’aspect ressources humaines. Même constat côté financier. La forte croissance des revenus du Refuge, qui viennent à 75% de dons privés et du mécénat d’entreprise, et son évolution d’association à Fondation n’ont pas été accompagnés d’une professionnalisation du secteur financier.

Côté gouvernance, l’audit relève que si « Formellement, le passage en Fondation a permis la mise en place d’une gouvernance professionnalisée », dans la pratique, « la gouvernance du Refuge est largement inopérante, et les principales décisions continuent d’être prises par le couple Président-Directeur Général. »

70 recommandations pour transformer le Refuge

Face à ce qu’il juge être un « besoin urgent de transformation », le BCG propose 70 recommandations pour sortir de la crise actuelle. « Si l’impact du Refuge reste globalement positif, il est urgent que la Fondation, son Conseil d’administration et ses dirigeants prennent conscience des limites et risques inhérents au fonctionnement actuel. Si les décisions prises ne permettent pas de rétablir la relation de confiance avec les partenaires, le risque est évidemment celui d’une rupture des financements, et donc de prise en charge pour un certain nombre de jeunes, ce qui serait extrêmement préjudiciable en l’absence de solution alternative disponible à l’échelle nationale. »

Dans son communiqué de presse, le Refuge annonce d’ores et déjà avoir pris quelques mesures, concernant la ligne d’écoute, ou le futur recrutement d’un.e directeur.rice des ressources humaines et d’un.e directeur.rice administratif et financier ou de travailleurs sociaux dans chaque délégation pour améliorer l’accueil des jeunes. La fondation annonce également la création d’ »un comité de suivi des mesures, constitué de personnalités indépendantes et d’un représentant de nos tutelles », qui « devra rendre compte de manière publique et transparente de l’avancée des travaux. »

Quantcast