Marche des fiertés de Paris: Act Up mécontent d’être en dernier, l’Inter-LGBT lui répond

L’Inter-LGBT a dévoilé le placement des chars lors de la marche des fiertés LGBT de Paris du 30 juin prochain. Act Up-Paris a fait savoir son mécontentement d’être placé en dernière position avec Aides.

« Ce choix de placement constitue une décision éminemment politique. Contrairement au mot d’ordre de cette année, l’Inter-LGBT semble loin de vouloir mettre les discriminations au tapis : elle les dissimule ! Elle relègue les séropos et les précaires en fin de cortège, ce qui nous prive d’une visibilité satisfaisante pour faire entendre nos revendications. », écrit l’association dans un communiqué.

« Nous comprenons la déception d’Act Up »

Contactée par Hornet, Clémence Zamora-Cruz, porte-parole de l’Inter-LGBT, affirme « comprendre la déception d’Act Up-Paris ». « Chaque année, les derniers protestent, même si tous n’ont pas forcément les mêmes moyens qu’Act Up pour le faire savoir », précise-t-elle.

Elle entend malgré tout répondre point par point à l’association. « On nous reproche de ne pas faire de la sérophobie une de nos priorités. La lutte contre la sérophobie et la lutte contre le VIH sont primordiales pour nous. Et nous ne devons pas faire de hiérarchie dans les luttes et les discriminations » La porte-parole ajoute que l’association Les Séropotes s’exprimera cette année avant la marche. De plus, les trois minutes de silence consacrée aux morts du sida et des LGBT-phobies ont été reculées d’une demi-heure, à 16h30, pour permettre à plus de personnes d’y participer (à cette heure là les 87 chars ne sont pas tous forcément partis).

Sur la question du placement: « Chaque année il y a une thématique forte. Il est logique que les associations liées au mot d’ordre soient en tête. Et il faut bien des derniers… Act Up était bien placée les années précédentes. L’association a pu s’exprimer au carré de tête avant la marche l’an dernier. Nous avons facilité le tournage de 120 battements par minute de tourner pendant la marche il y a deux ans, ce qui a représenté un surcroît de travail pour nos bénévoles… »

L’association a-t-elle été pénalisée parce qu’elle ne soutient pas le mot d’ordre (« Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans la vie »)? Réponse de Clémence Zamora-Cruz: « Nous demandons à chaque association ou organisation qui souhaite participer à la marche de remplir un formulaire. Dans ce formulaire, nous demandons si l’association ou l’organisation soutient le mot d’ordre. Les premières associations à marcher sont celles qui soutiennent le mot d’ordre. L’inverse serait insultant. »

« Nous comprenons vraiment la déception d’Act Up », insiste Clémence Zamora-Cruz. « Mais personnellement, je suis aussi déjà partie en dernier. L’important ce n’est pas d’être premier ou dernier, mais de marcher. »

 

Photo: Act Up-Paris, Pride de nuit 2016, par Xavier Héraud