A Metz, Couleurs Gaies se bat contre l’expulsion de Michael

C’est un cri d’alarme que lance Couleurs Gaies, le Centre LGBT de Metz. L’un de ses bénévoles, Michael, 24 ans, est sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français et peut être expulsé vers son pays d’origine, le Nigeria, à tout moment. Le Centre a décidé de l’héberger et lance une pétition pour demander au Préfet de la Moselle de ne pas procéder à l’expulsion du jeune homme.

Au Nigeria, les relations entre personnes de même sexe sont punies de 14 années d’emprisonnement. Et dans certains états du nord de ce pays de 170 millions d’habitants, la peine de mort peut même être appliquée.

L’association a publié une vidéo pour expliquer la situation. On y voit Matthieu Gatipon-Bachette, président de Couleurs Gaies (à gauche) et Michael.

« Cela fait deux ans que Michael fréquente l’association », nous indique par téléphone Matthieu Gatipon-Bachette.

« C’est une situation incroyable », s’indigne-t-il. « Nous recevons beaucoup de demandeurs d’asile. Michael a un dossier béton. Il y a des journaux papiers, des articles avec sa photo, un discours cohérent. »

Le jeune homme a quitté le Nigeria après avoir été agressé avec son petit ami de l’époque par des jeunes de sa communauté. Son ami a perdu la vie. Lui a pu s’échapper, mais son histoire a fait l’objet de deux articles, où sont publiés son nom et sa photo.

L’un des articles sur Michael, où il est écrit que sa communauté « a fait le vœu de le tuer n’importe où dans le pays, en concordance avec leurs coutume et tradition »

Et pourtant, la demande d’asile de Michael est rejetée d’abord par l’Ofpra (L’Office français de protection des réfugiés et apatrides), puis en appel par la CNDA (Cour nationale du droit d’asile). « Au motif que les éléments présentés ne sont pas suffisants », précise Matthieu Gatipon-Bachette.

Le 11 septembre, l’association a écrit au préfet pour lui demander d’intervenir. « C’est la première fois que nous lui faisons une demande, précise le militant. Silence radio. »

Le 30 octobre Michael reçoit une obligation de quitter le territoire (OQTF). « Il est venu nous voir en nous disant qu’il ne peut pas rentrer à son foyer », poursuit Matthieu Gatipon-Bachette.

Du coup, l’association « se place dans une forme d’illégalité » et décide d’héberger le jeune homme, puis de médiatiser l’affaire et de solliciter les relais politiques et associatifs.

Car il y a urgence. « L’échéance, c’est mardi prochain. Il doit se présenter au commissariat. Nous craignons qu’il soit arrêté sur place et placé en centre de rétention. », explique le président de l’association.

Quant à Michael, « il va comme quelqu’un qui peut se faire arrêter à tout moment. Il essaie de faire bonne figure. » « On se relaie tous pour ne pas le laisser seul, mais ça ne peut pas perdurer. », ajoute Matthieu Gatipon-Bachette, avant de conclure: « Il faut qu’on soit optimiste pour lui. »