Nîmes: Aides exige la libération immédiate de Moussa, militant de Aides menacé d’expulsion

A Nîmes, Aides se mobilise pour empêcher l’expulsion d’un de ses bénévoles, Moussa, 28 ans, originaire de Guinée, rapporte le Midi Libre. Il est actuellement détenu dans un centre de rétention.

Une manifestation a eu lieu jeudi dernier (photo) pour alerter la préfecture sur son cas et sur place la mobilisation se poursuit.

« Il est en France depuis 3 ans, il est menacé d’expulsion vers un pays qui criminalise l’homosexualité. Il a vu son compagnon brûlé devant ses yeux. Donc, on est en colère. », explique Antoine Henry, responsable communication de Aides au niveau national.

De 6 mois à 3 ans de prison pour les homosexuels en Guinée

L’article 325 du code pénal de Guinée, prévoit une peine de 6 mois à trois ans de prison et une amende pour les personnes qui auraient des relations sexuelles avec une personne de même sexe.

 

Sad-Eddine, responsable de Aides Nîmes, a eu Moussa au téléphone ce matin. « Il n’a pas la pêche. Il doit prendre des médicaments pour dormir, donc ce n’est pas terrible. Il est en danger s’il retourne là-bas. »

Ses deux demandes de remise en liberté ont été refusées. « La juge des libertés ne voulait rien entendre », affirme Sad-Eddine, qui était à l’audience.

« Depuis la manifestation, on a l’impression que les choses se sont accélérées. Dans la nuit de samedi à dimanche, ils sont venus le chercher pour le mettre dans un avion à l’aéroport de Marseille. Heureusement, un souci à l’aéroport a fait qu’ils n’ont pas pu l’expulser. », ajoute Sad-Eddine.

Avec le Réseau Education Sans Frontières (RESF), Aides va manifester tous les jours jusqu’à dimanche, date à laquelle il doit être relâché s’il n’a pas pu être expulsé, car cela fera 45 jours qu’il est en rétention. Ce délai prévoit d’être allongé par la loi Asile immigration actuellement discutée au Parlement.

Peut-être un signe d’espoir: Aurélien Beaucamp, président de Aides, signale que le dossier de Moussa sera à nouveau examiné aujourd’hui par l’OFPRA — l’organisme chargé de statuer sur les demandes d’asile. Une demande d’asile avait été rejetée il y a un an pour « manque de preuve », précise Antoine Henry.