« Sex Education » saison 2: série d’utilité publique

« Sex Education » saison 2: série d’utilité publique

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Sex Education, « Education sexuelle » en français, porte son nom mieux que jamais.

(attention, légers spoilers)

Netflix diffuse depuis ce 17 janvier la deuxième saison de la série anglaise créée par Laurie Nunn. Autant le dire tout de suite: c’est une belle réussite.

En cette deuxième rentrée au lycée britannique de Moordale (qui ressemble plus à un lycée américain qu’à son équivalent d’outre-Manche), on retrouve nos trois personnages principaux: Otis (Asa Butterfield), fils de la sexologue Jean Millburn (Gillian Anderson) et son meilleur ami gay Eric (Ncuti Gatwa), ainsi que toute une galerie de personnages qui gravitent autour d’eux: élèves, parents, profs.

Premières fois, IST, sodomie, « dirty talk »…

Les séries pour/mettant en scène des ados ont souvent été pionnières pour traiter des sujets de société: on se souvient du personnage gay dans Dawson ou Angela, 15 ans, d’Hartley coeurs à vif, où l’on parlait contraception ou suicide. Sex Education est celle qui va sans doute le plus loin. On y parle de tout ce qui touche à la sexualité, à commencer par le malaise ou la maladresse des adultes vis à vis du sujet. La série évoque aussi les premières fois, les IST, la sodomie, le « dirty talk ». Les sujets plus « lourds », comme la drogue ou les agressions sexuelles sont également abordés dans toute leur complexité, avec ce qu’il faut de légèreté pour éviter de ressembler à une brochure d’organisme de santé. Ainsi, lorsqu’un homme se masturbe et éjacule sur le « jean préféré » d’Aimee dans un bus, celle-ci considère d’abord l’incident sans importance, râlant surtout pour son jean, avant de réaliser, avec l’aide de son amie Maeve, la gravité de la situation.

L’une des plus jolies évolutions de Sex Education concerne le personnage d’Eric. La première saison l’avait enfermé dans un rôle de second couteau vis à vis de son meilleur ami et dans une intrigue cliché: martyrisé par un autre élève, Adam, pendant toute sa scolarité, il finissait par être troublé lorsque ce dernier se découvrait en fait une attirance pour les hommes en général et pour lui en particulier. Dans la seconde saison, Eric est séduit par un nouveau, un beau français du nom de Rahim (Sami Outalbali, vu dans Fiertés, Lola vers la mer et la série Mortel, ci-dessous), qui assume complètement son homosexualité — voir la scène où il donne carrément un cours sur le lavement. Quand Adam revient, Eric est à nouveau troublé, mais c’est lui qui finit par reprendre le pouvoir sur son ancien harceleur.

Sami Outalbali, alias Rahim, dans Sex Education

Aborder des sujets graves n’empêche pas cette saison 2 d’être extrêmement drôle, grâce notamment à un casting trois étoiles comme seuls les britanniques peuvent assembler. Gillian Anderson, ancienne agent Scully de X-Files et future Margaret Thatcher de The Crown, en fait des tonnes en mère sexologue parfois dépassée par les événements et la crise d’adolescence de son fils de 16 ans et on adore. Les ados ne sont pas en reste, avec Asa Butterfield et Ncuti Gatwa qui incarnent brillamment le duo hyper attachant Otis/Eric.

Vivement la saison 3.

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