Le Spectra Project vient en aide aux réfugiés LGBT

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Dans le cadre de notre campagne #DecriminalizeLGBT, nous voulions vous parler du Spectra Project. Nous avons échangé avec son président, Subhi Nahas. 

Ce dernier est également le co-fondateur du premier magazine LGBT syrien, Mawaleh. Le but du magazine était d’informer et d’éduquer à la fois la communauté LGBT et la population syrienne. Il a également co-fondé un groupe de soutien pour les réfugiés LGBT en Turquie, et organisé une réunion hebdomadaire intitulée « Thé et discussion » où les personnes LGBT pouvaient venir parler de leurs problèmes.

Spectra Project

Peux-tu nous expliquer ce que tu as vécu en arrivant aux Etats-Unis?

Cela a été une des choses les plus longues et les plus difficiles de ma vie. J’ai dû m’enregistrer auprès de l’UNHCR et leur raconter tous les moindres détails de ma vie, à plusieurs reprises. Ensuite, ils m’ont dirigés vers un représentant des Etats-Unis en Turquie, qui m’a fait suivre la même procédure et ensuite j’ai eu un entretien avec le ministère de l’intérieur américain. Ils m’ont accordé un visa.

Pourquoi avoir créé le Spectra Project et quel est l’objectif de l’organisation?

Après être arrivé aux Etats-Unis, j’ai été entouré de gens merveilleux qui m’ont soutenu à chaque étape et qui m’ont accepté tel que j’étais. Ils m’ont appris à aimer et à être moi-même, ce que je n’aurais jamais cru possible là d’où je viens. Le Spectra Project a été créé pour donner de l’espoir à des gens comme moi, quand ils ont l’impression qu’il n’y en a plus, et pour les soutenir dans leurs démarches vers la sécurité. Par ailleurs, je voulais que le Spectra Project créée des espaces safe pour les jeunes LGBT au Moyen Orient et en Afrique du Nord, afin qu’ils aient un lieu de repli en cas de discrimination ou de menace.

Comment les américains ont-ils réagi avec toi, un migrant gay du Moyen-Orient?

Je pense que j’ai de la chance, parce que les gens que j’ai rencontrés jusqu’ici on tous été sympathiques et compréhensifs vis à vis de la situation d’où je viens. Toutefois, les gens ont tendance à supposer que tous ceux qui viennent du Moyen Orient sont soit religieux soit très différents d’eux donc ils hésitent à engager une discussion avec moi. Cela dit je suis reconnaissant à tous les américains dans ma vie qui ont permis que cette transition en vaille la peine et qu’elle soit supportable.

Comment peut-on aider les migrants et les réfugiés qui travaillent à dépénaliser l’homosexualité dans le monde entier?

En informant et racontant les histoires des personnes LGBT. En donnant à la communauté un espace où partager ses histoires et les traduire dans les langues parlées au Moyen Orient et en Afrique du Nord, pour atteindre un maximum de personnes. Enfin, en discutant avec les militants locaux pour humaniser les luttes, et les aider à mener des campagnes qui ciblent leur communauté de migrants.

Comment décrirais-tu ce que vivent les personnes LGBT au Moyen Orient? Quelles sont les plus grandes difficultés auxquelles ils sont confrontés?

Je pense que le Moyen Orient est trop grand pour pouvoir résumer en quelques phrases la situation de chaque pays. Mais je peux vous dire que quelques uns des plus gros problèmes que nous partageons tiennent aux lois qui pénalisent l’homosexualité, au manque de lois pour nous protéger, aux traditions et aux personnes qui utilisent la religion comme prétexte pour s’en prendre aux personnes LGBT.

Que peuvent faire concrètement ceux qui veulent soutenir les actions des militants qui travaillent sur la question de la dépénalisation?

Reconnaître que la communauté LGBT est une communauté internationale et que les problèmes qui sont loin de nous peuvent nous toucher d’une manière ou d’une autre. Il faut aussi ne pas oublier que chaque pays à sa situation particulière et il faut travailler avec les militants locaux. Et ne pas penser que ce qui a été fait aux Etats-Unis ou en Europe peut s’appliquer exactement de la même manière au Moyen Orient ou ailleurs.