La rivalité entre la Chine communiste et Taiwan va-t-elle s’inviter aux Gay Games?

La cérémonie d’ouverture des Gay Games sera-t-elle troublée par la diplomatie? La délégation de Taiwan ne devrait pas pouvoir défiler sous ce nom et sous son drapeau, d’après une information qui commence à beaucoup circuler dans les médias asiatiques.

Tout est parti des déclarations à l’AFP de Yang Chih-chun, président de l’Association du mouvement de développement des sports gays de Taiwan, qui a accusé, le 23 juillet, la Chine de faire pression sur le gouvernement français et la FGG pour que soit retiré le nom de Taiwan. 

Selon l’AFP, Yang a indiqué que son groupe avait été averti une semaine auparavant par la Fédération des Gay Games que le gouvernement français aurait « exprimé des inquiétudes » sur l’affichage du drapeau taiwanais. « Notre conclusion logique est que la Chine proteste auprès du gouvernement français ou sinon cela ne serait pas arrivé », a déclaré M. Yang. « Nous espérons que la FGG pourra résister à la pression », a-t-il ajouté à l’AFP. Depuis la création de la Chine communiste en 1949 et la fuite des nationalistes sur l’île de Taiwan, le régime de Pékin explique que Taiwan n’est pas un Etat mais une province de la Chine. 

Mais quelques jours plus tard, le site de la Fédération des Gay Games modifiait le nom de l’équipe, passant de Taiwan ROC [Republique of China], à Taiwan, et puis finalement à Taipei, (le nom de la capitale de l’île). 

Le 25 juillet, en effet, dans un communiqué publié sur sa page Facebook, la Fédération des Gay Games expliquait sa position: “Aucun drapeau n’est fourni aux participants dans les événements, et aucun hymne national n’est joué pendant les événements réguliers; exception étant les hymnes nationaux du pays hôte lors de la cérémonie d’ouverture. […] Pour les cérémonies d’ouverture, tous les groupes défilent dans l’ordre alphabétique; La Chine va marcher avec « C », Hong Kong avec « H » et Taipei avec « T ».”

Mais un porte parole de la FGG , interviewé par le Washington Blade, a nié que le gouvernement français ait demandé à la FGG ou à Paris 2018, l’organisation chargée de l’édition parisienne,  de  restreindre la visibilité du drapeau taïwanais. Cependant, le même porte parole a confié que l’ambassadeur des sports a rappelé à la FGG que Taiwan n’était pas reconnue, ni par la France ni par les Nations Unies. 

Dans une lettre ouverte, adressée à la FGG, et que Hornet a pu lire, une athlète tawainaise qui participe aux Gay Games s’étonne de la prise de position de la Fédération en rappelant que dans le même communiqué de la FGG, les Gay Games sont décrits comme “inclusifs par nature” et que personne ne peut être discriminé, notamment en raison de sa nationalité.  

L’athlète  écrit que la FGG ne respecte pas ses engagements et interdit aux «participants taïwanais d’être fiers de leur nation pendant un événement international», qualifiant la FGG d’ »hypocrite ». En conclusion, elle réclame que le nom de Taiwan soit rétabli sur le site des Gay Games.

La suite demain lors de la cérémonie. Verra-t-on fleurir les drapeaux des pays participants et parmi eux, celui de… Taïwan?

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