Théâtre: « Sois un homme, mon fils », de Bouchta, ou les tribulations d’un gay fils d’immigrés algériens

Théâtre: « Sois un homme, mon fils », de Bouchta, ou les tribulations d’un gay fils d’immigrés algériens

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« Tout ce qui est dans le spectacle, je l’ai vécu! », nous lance Bouchta lorsque nous le retrouvons à la fin de son spectacle intitulé Sois un homme, mon fils.

Sur scène, le marseillais raconte en effet sa vie de fils d’immigrés algériens, qui grandit dans une barre HLM de la cité phocéenne. Il est le onzième de douze enfants. Et se rend compte très jeune qu’il n’est pas comme les autres parce qu’il aime les hommes.

Bouchta est seul sur scène, mais il s’agit quasiment d’un duo, celui formé par lui et sa mère, une femme forte qui tient sa famille comme elle peut, mais reste prisonnière des préjugés et des traditions dans lesquels il n’y a pas de place pour un enfant gay.

Pendant un peu plus d’une heure, Bouchta déroule son enfance, ses rêves de ballet (il doit apprendre à manier le… balai, à la place), l’amitié puis la tragédie avec ses autres amis gays, le mariage forcé qu’on lui impose. Le tout en campant joliment toute une galerie de personnages, avec un humour grinçant, qui fait souvent mouche, et une auto-dérision à toute épreuve. Le formule de Chris Marker, selon laquelle l’humour est la politesse du désespoir n’aura jamais semblé aussi vraie. En se tenant seul sur scène, déguisée en sa mère ou en esquissant quelques pas de danse, Bouchta nous montre que les épreuves ne l’ont pas détruit et qu’il peut en rire, et parfois en pleurer avec le public. Une sorte de résilience, mais avec du style.

Sois un homme mon fils est adapté du livre de Bouchta Saïdoun (son nom complet), Je voulais être un homme. En tant que comédien, il a joué dans le film Le beau-frère, d’Hassène Belaïd, puis a travaillé comme directeur de casting et dialoguiste sur la série Aïcha, de Yamina Benguigui.

Sois un homme mon fils, de Bouchta, mis en scène par Richard Martin, les jeudi, vendredi et samedi à La Divine Comédie, 2, rue Saulnier, Paris IXè.

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