Trump utilise l’argent de la lutte contre le VIH pour financer la détention des enfants d’immigrés

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Quand Trump sépare les familles de migrants à la frontière sud des Etats-Unis, l’Office of Refugee Resettlement (ORR) du ministère de la Santé a la charge de loger les enfants quelque part, que ce soit dans des tentes, des cages ou un autre abri. Cela coûte beaucoup d’argent, plus que le budget annuel de l’ORR. Donc pour couvrir ces coûts, l’ORR a commencé à ponctionner le Programme Ryan White pour le VIH/Sida, un fonds destiné à fournir des soins de santé aux pauvres et aux personnes séropositives sans assurance.

Un document de l’ORR obtenu par Slate montre que l’ORR estime qu’il aura besoin de 25 400 lits pour loger des enfants de migrants d’ici fin 2018. A ce rythme, l’organisme aura dépensé tout le 1,9 millards de dollars dont il bénéficie au début de l’année 2019.

Les explications de Mark Joseph Stern, auteur de l’article de Slate:

« Pour aider à couvrir ces coûts potentiels, disent les documents, le ministère de la santé ira chercher de nouveaux financements auprès du Congrès. Les documents indiquent également que le ministère souhaite payer la séparation des enfants de leurs parents en ponctionnant de l’argent du Programme Ryan White de lutte contre le VIH/Sida (…) Si l’on en juge ces documents, le transfert de fonds a déjà commencé.  »

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Ryan White, le jeune malade du sida qui a donné son nom au Fonds Ryan White

Stern ajoute que 79 millions de dollars seront également pris sur « les programmes pour le relogement des réfugiés, ce qui pourrait mettre en difficultés les services sociaux, l’assistance médicale, et les cours d’anglais pour les réfugiés aux Etats-Unis, tout comme les programmes d’aide pour les victimes de torture. »

Le journaliste ajoute que cette demande de budget prouve que le gouvernement de Donald Trump s’attend toujours à avoir des besoins pour la détention d’enfants d’immigrés, en dépit de la signature par Trump d’un décret qui stipulait qu’il ne fallait plus séparer les enfants de leurs parents à la frontière.