Tunisie: Violé, il se retrouve en prison pour homosexualité

Anas, un jeune homme de 22 ans est allé porter plainte après avoir été violé et dépouillé de son téléphone par deux agresseurs à Sfax en Tunisie et il se retrouve aujourd’hui derrière les barreaux, tout comme ses deux bourreaux.

Anas a été piégé par ses agresseurs via Facebook. Alors qu’il pensait avoir une relation sexuelle avec eux, il a en fait été violé et volé. Lorsqu’il est allé déposer plainte, le procureur a ordonné de lui faire subir un test anal pour vérifier s’il était homosexuel (sic) et l’a placé en détention provisoire.

Selon France Info, il a ensuite « été condamné à six mois de prison pour sodomie, et deux mois pour dénonciations calomnieuses, la cour ayant estimé qu’il ne s’agissait pas d’un viol mais d’une dispute à la suite de la relation sexuelle, a indiqué le parquet de Sfax. »

Les deux agresseurs ont été condamnés chacun à six mois de prison pour sodomie, 15 jours pour violences, et un mois et demi pour vol.

L’homosexualité peut être punie d’une peine allant jusqu’à trois ans de prison en Tunisie, sur la base de l’article 230 du code pénal.

Les associations All Out et Shams ont lancé une pétition pour demander la libération d’Anas. 25 000 signatures ont déjà été délivrées au premier ministre Tunisien. La campagne continue.

L’association Human Rights Watch rappelle par ailleurs que la Tunisie s’est engagée auprès de l’ONU à cesser la pratique dégradante — et stupide  — du test anal. Le message n’est visiblement parvenu jusqu’à la ville de Sfax.