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D’anciens membres d’Act Up-Paris créent une nouvelle association, Les ActupienNEs

Plusieurs membres du Conseil d’administration sortant d’Act Up-Paris annoncent créer une association dissidente appelée Les ActupienNEs.

Voici comment les militant.e.s présentent leur projet: « Nous, ancienNEs d’Act Up-Paris, parce que considérant ne plus pouvoir y militer sereinement et dans des conditions favorisant l’élaboration de plaidoyers et d’une expertise communautaire sur le sida, nous restons fondamentalement ActupienNEs.
Les ActupienNEs sont convaincuEs qu’un nouveau projet associatif est plus que jamais nécessaire, s’inscrivant dans l’héritage d’Act Up-New-York, déployé à Paris depuis 1989, de ses luttes passées et récentes, de son histoire, de son approche spécifique du combat en prenant en compte toutes les dimensions médicales et sociales de l’épidémie. Un projet associatif où les militantEs n’ont pas peur de devenir et d’être des expertEs de la lutte contre le sida, les hépatites et les Infections Sexuellement Transmissibles, renversant les hiérarchies entre patientEs et médecins. »

Crise interne à Act Up-Paris suite au succès de « 120 bpm »

Après plusieurs mois de crise interne, l’ensemble du conseil d’administration d’Act Up-Paris avait présenté sa démission et un nouveau conseil d’administration a été élu le 31 mars dernier. Xavier Coeur-Jolly, vice-président d’Act Up-Paris devient co-président, avec Romain Colson des ActupienNEs et Rémy Hamai, l’ancien président de l’association de lutte contre le sida, que nous avions rencontré il y a quelques mois, est vice-président et porte-parole.

« Nous sommes autant que nous étions à Act Up-Paris avant 120 battements par minute, c’est à dire une trentaine. Et nous avons plein de demandes d’adhésion pas seulement à Paris », affirme par téléphone Xavier Coeur-Jolly. Le co-président de l’association fait part de sa volonté d’ouvrir l’association à des membres dans d’autres villes: « Nous avons envie d’avoir un réseau de lanceurs d’alerters, qui peuvent travailler de chez eux. Ils pourront nous signaler si certains ont du mal à trouver un traitement quelque part, où si quelqu’un est mal accueilli en pharmacie ».

Si l’association s’inspire d’Act Up-Paris jusque dans son nom, il n’est pas question de reprendre son fonctionnement: « La RH et la réunionnite aigüe, où l’on ne fait que se foutre sur la gueule, c’est un peu derrière nous. », explique Xavier Coeur-Jolly.  Autre changement, les ActupienNEs a prévu de fonctionner avec seulement deux commissions, la commission Prévention et la commission Vivre Avec, alors qu’Act Up-Paris en a plusieurs autres.

Selon Rémy Hamai, le succès de 120 bpm a fait venir à Act Up-Paris « une poignée de militants politiques, vites ralliés par d’autres, et qui ont peu à peu imposé leur tempo dans nos réunions de concertation », déclarait-il dans l’Express, avant d’ajouter: « Les échanges sereins qui prévalaient jusqu’alors ont laissé la place à des discussions à la fois plus creuses et plus violentes. »

Dans un tweet Act Up-Paris réagit violemment:

Photo par Xavier Héraud (Marche des fiertés LGBT de Paris, 2017)