Un militant Russe LGBT: Moscou ne pourra pas arrêter les agressions contre les supporteurs LGBT à la Coupe du Monde de football

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La Coupe du Monde de Football commence dans 10 jours à Moscou en Russie. La semaine dernière, l’association britannique de fans de foot Pride in Football a signalé avoir reçu des mails de personnes russes menaçant de les poursuivre et de poignarder des supporters LGBT qui participeraient à l’événement.

La Russie interdit la « propagande gay » et laisse se produire une répression homophobe depuis 18 mois à l’intérieur de ses frontières. En dépit des déclarations du responsable anti-discrimination de la Coupe du Monde en Russie Alexei Smertin, qui assure que les supporters gay se sentiront « en sécurité et à l’aise » pendant l’épreuve, la Fédération de supporters britanniques et gallois a prévenu les supporters LGBT qu’ils pourraient subir de l’homophobie ou de la transphobie à Moscou.

La Russie a de bonnes raisons d’empêcher toute violence anti-LGBT pendant le tournoi, car c’est une chance pour Moscou de se présenter au monde comme une destination touristique incontournable. Les médias internationaux sur place seront très attentifs à tout incident de ce genre. C’est pourquoi on s’attend à ce que la Russie augmente la présence des forces de police et de sécurité autour des stades afin de limiter les violences.

World Cup gay threats 02

Et pourtant, un porte-parole du Russian LGBT Network (qui doit rester anonyme pour des raisons de sécurité) dit à Hornet: « Je suis certains que les autorités Russes vont faire de leur mieux pour protéger ceux qui viennent pour la Coupe du Monde. C’est effectivement un événement important pour le pays, et les autorités russes ont été jusqu’à déclarer que les gens avec des rainbow flags ne seraient pas arrêtés, même si c’est le contraire qui s’est produit à la manifestation du 1er mai. »

La « manifestation du 1er mai » fait référence à un rassemblement de protestation de militants LGBT contre la répression homophobe en Tchétchénie le 1er mai dernier. La police russe a arrêté 20 manifestants, dont la plupart avaient un rainbow flag avec eux.

« Cela dit, je ne suis pas sûr que les autorités soient capables de protéger les personnes LGBT des violences homophobes ou transphobes. Le gouvernement Russe encourage la haine depuis tellement d’années, et nos enquêtes montrent que les crimes de haine contre les personnes LGBT sont en constante augmentation. Il ne s’agit pas de dire que personne ne devrait venir en Russie et brandir un rainbow flag. Il s’agit de rappeler le contexte et de mettre en garde contre les risques potentiels. »

Les crimes de haine anti-LGBT ont en effet doublé ces cinq dernières années.

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