Répression homophobe en Tchétchénie: un an après, les persécutions continuent

This post is also available in: English Español Português ไทย 繁體中文

Ce mois-ci, la Belgique a annoncé qu’elle avait attribué cinq visas humanitaires à des hommes gays qui fuient la répression anti-gay. L’annonce était étonnante dans la mesure ou toute mention de cette région semi-autonome russe a quasiment disparu des sites d’infos après une année de sujets sur la campagne de kidnapping, torture et meurtres de gays tchétchènes.

Nous avons contacté le Russian LGBT Network, une organisation locale qui a aidé environ 120 hommes gays et bi à fuir le pays. L’association nous confirme que la répression continue bel et bien.

Voici ce qu’affirme à Hornet un porte-parole de l’association (qui reste anonyme, pour des raisons de sécurité):

« Nous savons que la persécution des personnes LGBT en Tchétchénie ne s’est pas arrêtée ; nous continuons à recevoir des informations selon lesquelles des gens sont toujours kidnappés, détenus et torturés. Nous recevons toujours des demandes d’aide pour quitter la région. Voilà comment nous savons que la répression continue. »

De plus, ajoute le porte-parole, l’association a appris que des femmes sont désormais détenues elles aussi et qu’elles subissent les mêmes tortures et la même violence sexuelle que les hommes. Bien que des femmes aient été arrêtées dans les premières vagues de répression, il était plus courant qu’elles soient outées auprès de leur  familles, et qu’elles soient ensuite détenues, assassinées ou victimes de « viol correctif » chez elles.

« Nous ne savons pas exactement combien de personnes ont été tuées et combien de personnes ont été touchées par cette campagne homophobe en Tchétchénie », poursuit le porte-parole du Russian LGBT Network. « Ce que nous pouvons affirmer c’est que plus de 200 personnes nous ont contactées, que nous en avons exfiltré 119 et que 98 d’entre elles ont déjà quitté la Russie. »

Pour savoir combien ont réellement été victimes de la répression homophobe, ajoute le porte-parole, il faudrait que les autorités fédérales russes mènent une enquête transparente, ce à quoi elles se refusent toujours. Les agents du dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov se sont opposés aux enquêtes sur la répressions et les autorités fédérales ont ensuite considéré que toutes les informations sur cette campagne homophobes étaient infondées.

Selon le Russian LGBT Network, la plupart des gens en Russie n’ont pas entendu parler ce qui se passe en Tchétchénie. « Presque tous les médias de masse en Russie sont contrôlés par l’Etat, et ils ont diffusé très peu d’informations sur la répression. Et ceux qui en ont entendu parler ne veulent pas y croire, parce que y croire signifierait que cela peut arriver à n’importe qui en Russie et que les autorités ne protègent pas les personnes. »

Pour que tout le monde continue à s’intéresser à ce qui se passe en Tchétchénie, le Russian LGBT Network invite tout le monde  à faire ces trois choses: D’abord partager l’image pour que les autorités enquêtes sur les 100 personnes qui ont été tuées dans la répression. Deuxièmement, signer une pétition en ligne qui demande une enquête officielle du gouvernement Russe. Et troisièmement, faire un don à l’association pour qu’elle continue à aider les gays et lesbiennes tchétchènes à quitter le pays.

chechnya purge 02

Bien que 119 personnes aient pu être aidées à quitter le pays, le porte-parole de l’association se demande: « Combien n’ont pas pu nous contacter? Combien ont trop peur et ne font confiance à personne? Combien ont été tués? On ne sait toujours pas. »

En réponse à cette répression, Hornet a envoyé un certain nombre de messages privés aux hommes de la région, donnant des informations sur le Russian LGBT Network, sur les possibilités d’exfiltration et sur les moyens de signaler des violations des droits humains. En partenariat avec le groupe Alturi, Hornet a également levé des fonds pour l’association russe.