#DecriminalizeLGBT: Adams : « On était 52 personnes sur le zodiac.»

#DecriminalizeLGBT: Adams : « On était 52 personnes sur le zodiac.»

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Dans le cadre la campagne de Hornet #DecriminalizeLGBT, nous publions des témoignages des gays réfugiés en France pour échapper à l’homophobie de leur pays d’origine. Voici celui de Adams.

Adams a 21 ans. Il vient de Côte d’Ivoire. Il est arrivé en France en août 2017. Il revient pour Hornet sur les raisons qui l’ont poussé à tout quitter : son pays, ses racines, sa culture…

Qu’est ce qui t’a amené à quitter la Côte d’Ivoire ?
C’était devenu trop dangereux. J’habitais un village où tout le monde se connaissait. Ses habitants font partie d’une communauté qui est présente dans tout le pays. J’étais en couple avec un Libanais et un soir, on s’est embrassé dans sa voiture. Des voisins nous ont vu. J’ai couru jusqu’à la maison et je me suis enfermé dans ma chambre. Mais très vite, j’ai entendu des cris dans la maison : « On va le tuer ! ». Je me suis enfui par la fenêtre et me suis réfugié chez mon oncle. Je lui ai raconté ce qu’il m’arrivait : il m’a mis à la porte. Un cousin m’a dit qu’en fait, tout le village était au courant et qu’il fallait que je parte. Le plus vite possible. Ma vie était en danger.

Tu es donc d’abord parti à Abidjan ?
Oui. Un ami m’a aidé à payer un billet jusqu’à Casablanca. Je n’avais pas besoin de visa pour le Maroc. J’ai travaillé un mois au Maroc pour avoir un peu d’argent pour passer en Europe. Puis je suis monté jusqu’à Nador, la ville la plus proche de l’enclave espagnole au Maroc de Melilla. Avec d’autres, on a alors envisagé la traversée de la Méditerranée. La distance pour atteindre Alméria en Espagne est d’environ 200 kilomètres. On s’est cotisés à plusieurs, pour acheter un zodiac et un moteur. Et le 4 avril 2017 à une heure du matin, on est parti. On était 52 personnes sur le zodiac. On a avancé au nord sur la mer jusqu’au moment fatidique où nous n’avions plus d’essence. On a alors espéré très fort être dans les eaux territoriales espagnoles. A 18 heures, la Marine espagnole nous a récupéré. Et nous a amené à Alméria au sud de l’Andalousie, puis à Barcelone dans un centre d’étrangers. En fait, ce centre est comme une prison. J’y suis resté un mois et demi.

Comment s’est passée ton arrivée en France ?
Je suis d’abord passé par un centre de la Croix Rouge à Cordoue où j’ai choisi la France comme pays de destination. D’abord pour la langue. On m’a donné un billet pour Bilbao au Pays Basque espagnol. J’ai dû payer 100 euros un passeur pour traverser la frontière franco-espagnole. Puis je suis arrivé à Paris via Bordeaux.

Tu es enfin arrivé…
Oui. Mais à Paris, je ne savais pas où aller. J’étais perdu. J’ai passé une semaine à dormir dehors à la Porte de la Chapelle. Puis j’ai rencontré un Camerounais qui m’héberge en région parisienne. Fin mars, j’ai rendez-vous à l’OPFRA pour mon dossier de demandeur d’asile. Le 10 février, je suis allé au Centre LGBT où j’ai rencontré un bénévole de l’ARDHIS. Pour la première fois depuis presque un an, j’ai pu parler librement sans peur de tout ce qui m’était arrivé. J’ai trouvé comme une deuxième famille…

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