Moussa, le bénévole de Aides Nîmes, est en cours d’expulsion

Moussa, le bénévole bisexuel à Aides Nîmes dont nous vous parlions récemment, est en cours d’expulsion vers la Guinée selon Aides. L’article 325 du code pénal de Guinée, prévoit une peine de 6 mois à trois ans de prison et une amende pour les personnes qui auraient des relations sexuelles avec une personne de même sexe.

« Nous avons reçu des signaux disant qu’il risquait être expulsé dans la nuit, explique Antoine Henry, responsable communication de Aides. Les militants ont passé la nuit devant le centre de rétention. Comme il ne s’est rien passé, ils ont levé le camp au petit matin. Deux heures après, Moussa était dans un fourgon pour Lyon. »

« Il a refusé l’embarquement. Il a été placé en garde à vue et attend une comparution immédiate devant un juge », poursuit Antoine Henry, qui n’est guère optimiste: « Ce n’est pas bon signe. Il y a des vols ce soir ».

Moussa en garde à vue

Edouard Bera, avocat qui siège notamment au Conseil d’Administration de l’Ardhis, est un peu moins pessimiste. Pour l’immédiat en tout cas. « Je doute que matériellement il soit expulsé ce soir. Le refus d’embarquer est un délit. Procéduralement, il est actuellement en garde à vue, qui ne se cumule pas avec la rétention. Devant le juge de comparution immédiate, il peut plaider un motif légitime de refus d’embarquer. Suivant la personnalité du juge, qui est un juge correctionnel et qui n’est pas spécialiste de ce genre de question, cela peut fonctionner et il peut être libéré. Ou il peut aussi l’envoyer en prison pour un mois et il peut être réexpulsable ensuite. »

Aurélien Beaucamp, président de Aides, avait annoncé que l’OFPRA, l’organisme public qui traite les demandes d’asile, allait réexaminer le dossier de Moussa. Antoine Henry n’est pas certain que cela ait eu lieu, finalement. « Moussa et son avocat ne sont pas au courant d’une telle procédure », explique le responsable communication. Nous avons tenté de joindre l’OFPRA pour confirmation ou infirmation, sans succès.

Sur Twitter, le secrétaire général du Parti socialiste, Olivier Faure qualifie cette expulsion de « scandale »:

Les militants de Aides, du Réseau Education Sans Frontières et des militants LGBT tentent de se mobiliser pour empêcher l’expulsion. Le hashtag #LibérezMoussa est utilisé sur Twitter.

A Nîmes, un appel à se réunir devant la Préfecture du Gard a été lancé.

A Paris, Aides appelle à se réunir place de la République à 18h

Photo: Manifestation pour la libération de Moussa à Nîmes